Deuxième Chapitre

Noël – 25 décembre 2021

La date réelle de la naissance de Jésus n’est pas connue, mais d’après diverses indications, il semble probable qu’elle ait eu lieu au printemps. Cependant, le 25 décembre a été choisi assez tôt dans l’histoire de l’Église, car cette date coïncidait avec la grande Fête du Soleil. En ce jour nous célébrons donc la naissance du Dieu-Soleil. Dans l’hémisphère Nord, là où est né le christianisme, le solstice d’hiver vient en effet également de nous rappeler que nous célébrons Sa victoire sur les puissances des ténèbres – symbolisée par le début de l’accroissement de la durée du jour.

En cette journée très particulière pour les chrétiens, Charles W. Leadbeater tient à évoquer sept points fondamentaux en relation avec la Fête de Noël.

  1. Nous ne devons certainement pas ignorer l’aspect historique de cette journée, même si nous savons qu’il ne s’agit pas d’un véritable anniversaire. Le jour de Noël, nous sommes donc appelés à commémorer – au sens propre – cette descente du grand disciple Jésus avec toute les conséquences terrestre qui ont découlé des prêches et des actes de celui qui a prêté son corps au Grand Maître il y a plus de deux milles ans, incarnant ainsi le grand Instructeur du Monde.

Cette idée peut sembler nouvelle et étrange à certains, mais elle est assez communément comprise par ceux qui saisissent les faits de la réincarnation. Ce ne serait en effet de la part du Tout-Puissant pas faire bon usage de sa puissance stupéfiante, s’il devait occuper un corps humain durant les toutes premières étapes de la vie d’un Homme. C’est pourquoi l’un de ses disciples prend en charge tout cela pour Lui, avant qu’Il n’entre dans le corps adulte et bien préparé pour le prendre en charge. Car Lui-même vit naturellement sur un plan bien plus élevé, et y poursuit une œuvre à la fois si magnifique et si loin de notre conception, que peu parmi nous – les plus humbles et les plus dévoués – en saisissent quelques contours.

Dans le cas particulier qui nous occupe en ce jour, un disciple avancé du Seigneur Christ est né en l’an 105 avant J.-C. parmi les descendants du roi David, en tant que fils de Joseph et de Marie; et on lui a donné le nom de Jésus. Il est resté à la tête de ce corps jusqu’à l’âge de trente ans environ, puis l’a remis au Christ, qui l’a occupé pendant les trois années de son ministère terrestre. Le disciple Jésus renaît sous le nom d’Apollonios de Tyane, à peu près à la date habituellement attribuée au début de l’ère chrétienne; et mille ans plus tard, il apparaît comme le grand maître Ramanujacharya, qui a laissé une si profonde impression sur la pensée indienne. En temps voulu, il reçut la récompense de son abnégation et obtint l’initiation Asekha, devenant ainsi l’un des Maîtres de la Sagesse. Nous Le vénérons donc maintenant non plus comme le disciple, mais comme le Maître Jésus.

Il est donc bon que nous chantions nos hymnes et nos chants de Noël, et que nous perpétuions les belles traditions qui se sont rassemblées autour de la naissance du Maître Jésus. Nous n’affirmons pas nécessairement notre croyance en leur importance historique, car les mêmes belles légendes entourent d’autres naissances de l’Instructeur Tout-Puissant, et il est sans doute difficile de supposer qu’elles étaient littéralement vraies en toutes ces occasions. Mais nous ne devons pas douter que chaque naissance est une grande occasion, et qu’elle s’accompagne de phénomènes inhabituels sur des plans supérieurs, qui ont pu être observés par certains au moins de ceux qui vivaient dans des corps physiques à ces époques.

  1. Nous rappelons à cette occasion la descente de la Deuxième Personne de la Sainte Trinité dans la matière; et nous devons ressentir alors une profonde gratitude envers notre grand Instructeur Tout-Puissant pour sa descente dans un corps humain afin de nous aider et de nous guider. Nous devrions également ressentir une profonde gratitude envers la grande Déité Solaire elle-même pour cette limitation volontaire de sa puissance et de sa gloire qui nous a fait naître.

Beaucoup de gens dans le monde disent peut-être qu’ils ne ressentent aucune gratitude pour être né à la vie, que la vie est pour eux plus triste que joyeuse, plus confinée que libre, et que s’ils avaient pu être consultés, ils auraient préféré ne pas l’être. Mais tous ceux qui parlent ainsi ne pensent qu’au peu qu’ils voient et qu’ils connaissent du grand cycle de la vie; ils ne savent rien de la gloire qui les attend; ils n’ont rien compris du puissant plan dont ils font partie de façon infinitésimale. Ceux d’entre nous qui sont assez heureux de connaître un peu de ce plan glorieux ne peuvent qu’être remplis d’une vive mais humble admiration pour la vie et le Tout-Puissant, car nous voyons au-delà de l’ineptie dramatique des temps présents, et pressentons l’émerveillement et à la beauté des temps à venir. Nous nous rendons compte de la splendide façon dont Son amour merveilleux se manifeste, et lorsque nous en avons ne serait-ce qu’un aperçu, nous ne pouvons qu’être fortement émus et plein de gratitude d’avoir pu bénéficier d’un privilège aussi merveilleux que celui de participer, même si c’est à une petite échelle, à la gloire et à la perfection qui vont suivre l’Apocalypse qui s’envient. Exprimons donc cette gratitude en nous efforçant de comprendre autant que possible sa manifestation et de coopérer intelligemment avec elle – plutôt qu’avec les labos avides de succès financiers et téléguidés par une intelligence tout artificielle!

  1. Le jour de Noël symbolise cette première des grandes Initiations dans le programme soigneusement agencé de l’Année de l’Église, dont nous avons parlé en introduction. Pendant la saison préparatoire de l’Avent, nous avons réfléchi aux qualifications que requiert une telle initiation; maintenant, nous devons contempler la chose elle-même et ses résultats. Nous pouvons alors vraiment considérer le grand Instructeur du Monde comme notre Sauveur – bien éloigné du mythe de la torture éternelle.

Il n’y a rien dans la Nature de tel qu’une punition, et il n’y a jamais rien eu de tel qu’un acte irréparable; tout cela n’est qu’une effroyable et perfide construction que les hommes ont laissé grandir en eux et qui les terrifie. Il n’y a pas de damnation éternelle dont on puisse être sauvé; une telle illusion fait partie de l’erreur et de l’ignorance qui sont à l’origine de tous les problèmes et de toutes les souffrances que nous voyons autour de nous. En réalité, c’est en suivant et en mettant en pratique l’évangile – c’est-à-dire, au sens stricte, la « bonne nouvelle » – que le grand Instructeur du Monde nous a légué. C’est en ce sens qu’il est notre Sauveur: c’est son instruction qui nous sauve de notre propre erreur et de notre ignorance, et donc de beaucoup de chagrins et de souffrances, si nous voulons bien être à l’écoute et conformer nos actes à notre entendement.

Peut-être que beaucoup de bons et sincères chrétiens seront choqués par l’idée que l’Évangile n’est pas un écrit historique, mais un vrai mythe. Quand on dit cela, certains s’offusquent: « Vous nous enlevez notre Jésus, notre Sauveur. » Il n’en demeure pas moins que l’Évangile telle qu’elle est écrite aujourd’hui n’est pas – et n’a d’ailleurs jamais été conçue pour être – un compte rendu réel de la vie de ce grand Instructeur du Monde, le Christ. Nous ne savons que peu de choses de sa véritable histoire. Il semble certain que certaines parties de celle-ci ont été imbriquées dans le mythe et certaines des citations qui, dans les Évangiles, sont crédités au Seigneur Christ, ont réellement été prononcés par lui. Mais il est tout aussi certain que certaines autres ne l’ont pas été; et il est également évident que l’ensemble du récit est présenté intentionnellement sous forme allégorique – qu’il représente non pas l’histoire de la vie d’un homme en particulier, mais l’histoire spirituelle de chaque vrai disciple du Christ. Il ne s’agit évidemment pas d’une histoire, mais d’un drame – une collection d’épisodes, arrangés comme pour être présentés sur scène.

Cette idée, qui semble si nouvelle pour beaucoup, ne l’est vraiment pas du tout. Elle était tout à fait manifeste pour le plus grand des Pères de l’Église. Elle n’est étrange que pour nous, et elle est étrange parce que nous nous sommes éloignés, tout au long de l’Histoire de la chrétienté, de plus en plus de la source. Origène, le plus grand des premiers écrivains chrétiens, nous dit qu’à son époque, il y avait (comme il y a certainement aujourd’hui) deux sortes de chrétiens:

  • les croyants « somatiques », qui considèrent le récit des Évangiles comme reflétant des faits qui se sont historiquement déroulés. Il dit de leur doctrine: « Que pourriez-vous avoir de mieux pour l’instruction des masses? » Mais il apparaît évident que pour lui,
  • le chrétien spirituel détient une forme de christianisme tout à fait supérieure, dans laquelle il comprend la signification intérieure de toutes ces allégories. Dans chacune de ses paraboles, le Christ est représenté de telle manière à raconter une histoire qui avait en plus en elle deux significations intérieures. Ainsi, il y avait
    • d’une part le récit purement physique pour les enfants, qui décrivait (par exemple) comment le semeur allait semer;
    • d’autre part, il y avait une explication intellectuelle, selon laquelle la semence est la parole de Dieu, le semeur est le prédicateur, et les différentes sortes de terres sont les différentes sortes de cœurs sur lesquelles tombent les semences.
    • Troisièmement, il y a toujours une signification intérieure encore plus spirituelle qui n’est pas donnée, et qui dans notre cas particulier est le déversement de la vie divine sur de nombreux plans et dans de nombreux mondes.

Origène insiste sur le fait que du moment que nous comprenons les vérités universelles qui sont révélées par le récit évangélique, alors la véracité factuelle des détails historiques n’a guère d’importance. La signification profonde du récit est la description des progrès au niveau desquels chaque chrétien est invité à s’élever. Les personnes qui étudient ces questions en profondeur sont parfois troublées de constater l’étroite ressemblance qui existe entre l’épopée chrétienne et celles d’autres Sauveurs païens bien avant le Christ. Ainsi s’avère-t-il que tous les détails de la vie du Christ peuvent être mis en parallèle avec les anecdotes d’autres enseignants qui étaient incontestablement bien plus âgés que lui, de sorte que nous devons accepter l’idée d’un plagiat généralisé des écrivains chrétiens de ces auteurs antérieurs – ou alors nous devons supposer que tous essaient d’énoncer la même grande vérité, mais qu’ils l’énoncent chacun à leur manière. Saint-Paul lui-même n’est-il pas amené à dire de multiples manières et à de nombreuses reprises les mêmes révélations qui lui ont été faites. Et n’écrit-il pas ce qui suit aux Hébreux:

Dieu qui, à diverses époques et de diverses manières, a autrefois parlé à nos pères par les prophètes [c’est-à-dire non pas les quelques prophètes juifs locaux, mais tous les grands prophètes, les grands Instructeurs du Monde] nous a parlé dans ces derniers jours par son Fils.

Nous espérons que le jour est venu pour que les chrétiens d’aujourd’hui adopte une vision plus rationnelle de la religion. Trop sont encore malheureusement obsédés par l’idée que le christianisme est la seule religion, et que toutes les autres ne sont qu’un ensemble de superstitions païennes. C’est une attitude des plus illettrées et des plus ignorantes, et cela montre qu’ils ne savent rien de ces autres religions. Or les religieux devraient s’intéresser à toutes les présentations de la religion. Il se trouve que chacun naît dans une certaine race et dans un pays particulier, avec sa forme de religiosité spécifique, telle s’est développée dans l’Histoire. Cette naissance ici ou là n’est cependant pas due à un simple hasard. Nous naissons ici ou là, car c’est la meilleure opportunité pour notre âme individuelle que de s’épanouir dans tel environnement particulier. Nous ne pouvons probablement pas imaginer que nous aurions pu naître dans une autre religion, tout comme un homme estime qu’il n’ait jamais pu naître en tant que femme et inversement. Mais ce n’est bien sûr qu’une illusion; l’âme n’a ni sexe ni race, et nous prenons ces différentes naissances en fonction de ce qui est le mieux pour le développement spirituel de notre âme.

Toutes les religions sont des déclarations de la même grande vérité, dont chacune de ces religions en est une variante ou une facette spéciale.

Considérons l’hindouisme – une religion qui remonte à de longues périodes d’une haute civilisation qui était déjà à son apogée lorsque nos ancêtres européens couraient encore nus dans les bois -: cette religion a pour caractéristique principale l’idée du devoir-dharma. Pour tout malade, le remède y est le même: « Que chaque Homme fasse son devoir; chaque homme est né dans un lieu particulier avec un devoir particulier à faire; qu’il le fasse! ». Les hindouistes s’attardent aussi très fortement sur l’immanence de Dieu.

À la même époque, dans l’Égypte ancienne, une autre civilisation puissante suivait son cours. Le grand point central de la religion égyptienne était ce que nous appellerions aujourd’hui « la science »… c’est-à-dire la maîtrise de la nature en la maltraitant; et il est indéniable que les Égyptiens ont jeté les bases d’une grande partie de notre science moderne – le nom même par lequel ils appelaient leur pays, Khem, a donné le nom à notre science de la chimie.

Dans l’ancienne Perse se pratiquait une autre grande religion: le zoroastrisme. On l’a parfois appelé le culte du Soleil, mais nous ne devons pas nous laisser tromper par un titre populaire de ce genre, car personne n’a jamais vénéré le Soleil en tant que tel, mais en tant que manifestation de la grande puissance qui se cache derrière lui. L’idée principale du zoroastrisme était le concept de la pureté. Ses croyants souhaitaient par-dessus tout mettre l’accent sur la pitié – en pensée, en parole et en acte.

Plus tard, il y eut la tradition grecque, dont l’accent essentiel portait sur la beauté. Les Grecs s’efforçaient d’impressionner les gens par la beauté de leur vie, la beauté de leur entourage, de tout ce qu’ils possédaient, la beauté du caractère, des formes et des couleurs.

Vint ensuite Rome avec sa grande religion, appliquant l’idée de Loi et de discipline, insistant toujours sur le devoir envers la communauté – une très bonne idée.

Puis il y a eu l’enseignement du Bouddha; dans sa grande religion, il prêche aussi la Loi, mais pas tout à fait dans le même sens que les Romains. Quand Il parle de la Loi, Il ne veut pas du tout dire la Loi de l’Homme, mais l’Ordre de la Nature; et Il dit que toutes les erreurs que les Hommes commettent viennent de leur ignorance. S’ils ne font qu’étudier le plan divin et vivent en conséquence, tout ira bien.

Ensuite seulement advint le christianisme; sa grande idée centrale est celle d’abnégation – la pensée que le plus grand d’entre nous sera celui qui servira le mieux – c’est pourquoi le titre le plus élevé d’un évêque est Servus servorum Dei, « Serviteur des serviteurs de Dieu ».

On constate donc que toutes ces religions arrivent à des moments différents – au moment où la qualité particulière de chacune d’entre elles est la plus nécessaire dans l’état du monde. C’est une conception qui nous conduit sur un terrain spirituel bien plus élevé que la théorie orthodoxe selon laquelle toutes ces autres religions ne seraient que des superstitions débiles voire mauvaises, et que les seules personnes qui peuvent être sauvées sont celles qui entrent en contact avec la foi chrétienne. Cette dernière idée semble étrange et ridicule – comme l’est la croyance que cette minuscule planète est le centre de l’Univers! Ou encore que ce petit grain de boue est le centre de la création et que toutes ces immenses étoiles et soleils tournent autour d’elle; que Dieu lui-même est descendu pour vivre et mourir sur elle afin que sa population relativement insignifiante puisse être sauvée, et que toutes les autres populations des mondes a minima aussi magnifiques mondes soient abandonnés à eux-mêmes.

Personne n’a besoin d’être le moins du monde angoissé de s’accorder avec les vérités enseignées dans les autres religions. C’est ce à quoi nous devrions nous attendre, dès que nous nous débarrassons de cette étonnante idée d’exclusivité selon laquelle, de tous les innombrables millions d’Hommes qui ont vécu sur cette Terre, les quelques générations depuis l’époque de Jésus seraient les seuls à qui Dieu a pensé qu’il valait la peine de faire une quelconque révélation! Si nous mettons de côté cette conception déraisonnable, nous constaterons qu’il y a eu de nombreuses présentations de la vérité, qui sont toutes semblables à bien des égards, bien que chacune soit présentée de la manière la plus appropriée pour les gens de l’époque où s’est épanouie la religion en question. Par conséquent, au lieu de nous alarmer de ces ressemblances, accueillons-les, comparons tous les différents témoignages et apprenons ainsi davantage de la vérité qui se cache derrière chacun d’eux.

Nous ne devons jamais craindre de perdre quoi que ce soit en comprenant la signification intérieure de l’Évangile; au contraire, nous devons nous persuader que nous avons beaucoup à y gagner. Dans l’Église catholique libérale, nous n’imposons pas aux Hommes ce qu’ils doivent croire. Nous leur présentons le Credo comme étant digne d’être étudié, et nous leur disons qu’ils peuvent l’interpréter littéralement, s’ils le désirent. C’est leur affaire. Mais ils peuvent aussi bien s’intéresser à l’interprétation symbolique que nous leur offrons. Au moins, les croyants somatiques doivent-ils savoir, que si la théorie historique devait être renversée – ce qui est le nécessaire développement de la science -, il existe une autre interprétation, plus spirituelle, qu’aucun argument historique ne peut corrompre. Nous garderons nos fêtes meilleures, et non pires, si nous avons une compréhension plus complète et plus claire de tout ce qu’elles signifient. Que ceux qui le souhaitent s’en tiennent à l’enseignement physique, mais qu’ils se souviennent aussi que derrière cette histoire terrestre, il y a toujours un sens céleste.

  1. Pendant le temps de l’Avent, l’Église attend avec impatience la prochaine venue de notre Seigneur; à Noël, cette attente culmine, et sa célébration est une question de gratitude non seulement pour sa dernière venue, mais aussi pour les faveurs à venir. En cette période où l’Homme a tendance à ne même plus faire confiance à la nature qui lui a été donnée – au point qu’il croit que l’immunité vient des laboratoires et non d’un mode de vie en accord et en équilibre avec la nature -, nous ne pouvons pas ne pas penser à ce Noël prochain où Il apparaîtra à nouveau parmi nous sur le plan physique dans un corps qui pourra être vu de tous. Car Lui-même, le même grand Instructeur du Monde qui a pris le corps de Jésus il y a deux mille ans, s’apprête à revenir bientôt, et à bouleverser ce monde à la dérive par Son enseignement et Son aide, comme Il l’a fait au début de l’ Ère des Poissons. Que ceux qui pressentent cette Apocalypse prochaine fassent ce qu’il faut pour être prêts et pour faire connaître aux alentours cette prochaine venue providentielle.

Il ne nous appartient pas de critiquer, ni même de nous émerveiller des dispositions prises lors de sa dernière venue sur Terre; mais il ne nous semble guère inconvenant de constater que peu de choses ont été faites à l’époque (peut-être peu pouvait être fait) en préparation dans le monde extérieur. Il semble que l’on attendait généralement la venue d’un grand Homme; mais il n’y a eu qu’un seul Jean-Baptiste, pour autant que nous le sachions. Cette fois, les conditions dans le monde sont à tous égards si différentes que la préparation peut être utilement tentée à une échelle un peu plus large, et toute personne qui, après avoir examiné les preuves, voit des raisons d’attendre la prochaine venue du Seigneur devrait faire ce qu’elle peut pour préparer sa voie et redresser ses chemins.

L’idée de la seconde venue du Christ prend aujourd’hui tout son sens, à l’époque d’un enfantement très douloureux dans la nouvelle année platonicienne que signale l’avènement de l’Ère du Verseau – cf. à ce sujet notre note liminaire introductive -. On comprend aujourd’hui que le devoir véritable des Chrétiens n’a rien avoir avec cette croyance superficielle et plein d’orgueil qui a pu les conduire à soutenir qu’il n’y a qu’une seule religion dans le monde, et que leur devoir était d’essayer de convertir les « pauvres païens » et autres « superstitieux ». La venue du Christ signifie essentiellement un moment où l’humanité sombrerait définitivement sans son apparition pour lui donner une direction viable, par un nouvel enseignement qui n’est qu’une nouvelle enveloppe d’un même noyau éternel et incorruptible.

Les Écritures indiennes nous informent aussi que chaque fois que le monde tombe dans une grande détresse et une grande misère spirituelle, chaque fois qu’il semble que le Veau d’Or prend définitivement le dessus sur la foi et que le mal triomphe, alors revient le Sauveur pour présenter la vérité éternelle d’une manière nouvelle qui prendra dans une certaine mesure la place de ses précédentes déclarations, qui ont été déformées par l’usure du temps – et par l’usure tout court… -. L’Histoire d’une civilisation avançant, ses fondements, initialement sains, finissent par pourrir par la tête – expression de la corruption de ses élites -. Une mise à jour de la bonne nouvelle est alors une nécessité absolue.

Les vérités de la religion sont des vérités éternelles; elles peuvent être déformées; elles peuvent être dénaturées – et elles l’ont certainement été! – Mais la base fondamentale de toutes les religions représente la vérité éternelle, qui ne peut être changée, même si elle peut être énoncée de manière plus complète; elle peut être présentée d’une manière nouvelle. Cependant les grands traits restent les mêmes: pour progresser, un Homme doit être bon, mener une vie spirituellement élevée, être pure et noble, pratiquer les vertus que toutes les religions du monde sans exception lui recommandent: la charité, la noblesse, la maîtrise de soi, la tempérance, la patience et l’amour.

« Quand le mal triomphe, alors je viens pour aider. » – nous dit le grand Instructeur du Monde dans les anciens Écrits. Mais ce n’est pas une nouvelle vérité qu’il nous promet – il laisse cela au transhumanisme! – mais une nouvelle inspiration pour pratiquer l’ancienne vérité. Faisons alors un effort aussi déterminé que possible pour nous préparer à Sa venue; essayons de nous purifier de toute cette normose matérialiste qui nous vérole et aidons à préparer Son chemin. Il y a longtemps, quand Il est venu en Judée, il y avait un Jean-Baptiste. Soyons, chacun d’entre nous, en fonction de nos possibilités, un Jean-Baptiste. Ne laissons pas cette fois le Christ avec un seul héraut; soyons des milliers à essayer de préparer la voie du Seigneur et de rendre ses chemins droits. Que chacun travaille à sa manière pour un temps meilleur, un temps de fraternité (symbole du Verseau) et d’amour, car c’est ce que le Christ nous prêchera quand Il viendra. Cultivons la fraternité et l’amour afin d’être prêts à Le recevoir, afin de profiter de ce qu’Il a à nous offrir. – Il y a fort à parier qu’il ne s’agira pas d’un vaccin…

  1. Nous ne devons pas oublier qu’il y a un autre aspect de la venue du Christ: Sa venue dans le cœur de chaque individu, le développement du principe du Christ en nous. Un grand et glorieux mystère sous-tend tout cela: la connexion merveilleuse, et pourtant la plus intime, entre la Deuxième Personne de la Sainte Trinité et le grand Instructeur Mondial, et à son tour le lien qui les relie tous deux à ce principe du Christ dans l’Homme auquel nous donnons souvent le nom d’intuition. L’intuition – au plus proche de l’étymologie – signifie la sagesse qui sait, non pas par un processus de raisonnement, mais par une certitude intérieure absolue – il s’agit d’ailleurs d’une autre caractéristique attribuée au symbole du Verseau… Ce développement dans la connaissance de ce qui est digne d’être cru doit venir de chaque Homme – en conséquence de l’impasse abyssale du comportement épistémologique de la masse de la civilisation planétaire actuelle, qui rend possible la dystopie cividienne. Ce principe du Christ sommeille en chacun de nous – sauf pour ceux déjà un peu plus éveillé; il va être être l’étendard du message du Christ revenant sur Terre; son principe critique, son critère de véracité.

Il est vrai que la plupart de ceux qui touchent un instant à cette gloire la touchent inconsciemment, ne sachant pas ce qu’elle est, ne réalisant pas l’intensité de sa splendeur, ne voyant pas où elle les mènerait. Ils savent qu’ils ont des moments d’extase, des moments où l’amour de Dieu les atteint d’une manière qu’ils n’avaient jamais imaginé auparavant, une plus grande intensité de béatitude qui les touche, qui est bien au-delà de toutes les choses terrestres. Mais au fur et à mesure que nous progressons, cette certitude viendra plus souvent et plus pleinement, et restera avec nous plus longtemps, jusqu’à ce qu’enfin cette conscience supérieure soit la nôtre à perpétuité – « le Christ en nous et nous en Lui ». C’est la naissance du Christ dans le cœur de l’Homme (symbole du Verseau). C’est en ce sens que nous pouvons dire que le Christ est le Sauveur du monde, car c’est seulement par cette expérience que l’Homme peut atteindre ce que Dieu veut qu’il atteigne.

Se développer intentionnellement comme décrit ci-dessus est le chemin le plus court et le plus direct vers l’éveil. Ce n’est certes pas la seule voie. On peut atteindre cette élévation par une absorption intellectuelle intense, par un travail acharné et la pratique de la vertu. Mais la méthode la plus courte et la plus directe pour atteindre rapidement le plus haut niveau est l’éveil délibéré du Christ dans le cœur même de l’humanité. Pour cela et pour sa glorieuse possibilité, nous rendons également grâce à la saison sainte de Noël.

Comment saurons-nous si nous sommes sur la voie de ce glorieux couronnement? Que pouvons-nous faire pour nous rapprocher de cette béatitude suprême? Si le Christ doit naître dans nos cœurs, nous devons vivre la vie du Christ; nous devons montrer son esprit à ceux qui nous entourent. Et l’esprit du Christ, c’est d’abord l’amour et la fraternité. L’Homme en qui Il se développe fera certainement preuve d’amour, de gentillesse, de tolérance, de compréhension – il fera preuve de grandeur d’âme.

Cela se manifeste dans la vie quotidienne de diverses manières, notamment par le fait de s’exercer à voir ses congénères – nous ne parlons pas des suppôts indécrottables de Satan – sous leurs meilleures facettes plutôt que sous les pires. Trop souvent, lorsque nous pensons aux actions de nos frères et sœurs, nous leur attribuons une faiblesse ou un défaut. Or si nous étions en mesure de nous mettre derrière leurs pensées, nous découvririons rapidement pourquoi telles chose a été véritablement faite ou vraiment dite – et nous constaterions que nos supputations par rapport aux motifs qui ont amené ces actes ou ces paroles étaient dans la plupart des cas absolument incorrecte et injuste. Cette attribution spéculative d’un motif derrière les actes d’autrui est une habitude fortement ancrée dans notre humaine nature la plus basse; nous nous retrouvons tous à le faire, jusqu’à ce que, par une pratique et des soins réguliers, nous apprenions à ne pas le faire, mais à n’attribuer à autrui que les pensées les plus élevées et les meilleures. En faisant cela, nous pouvons parfois être trompés, mais il vaut mieux mille fois former une estimation erronée dans ce sens, que de faire une seule fois à un Homme l’injustice de lui attribuer un motif et un plan de pensée plus bas que celui qui était réellement le sien. L’Homme en qui commence ce merveilleux pli abandonne toute critique inutile, et apprend à voir le bien en toute chose, même quand il faut un peu de recherche pour le trouver.

Un autre signe infaillible de la croissance du principe du Christ en nous est le désintéressement, car c’est la clé de tout, la vertu centrale qui donne naissance à tous les autres.

On voit tout de suite quel changement cela provoquerait dans le monde si de tels sentiments étaient largement répandus. Comme tout serait différent si chaque Homme pensait d’abord aux autres – si chaque Homme était disposé à adopter le point de vue le plus large et le plus tolérant, et à attribuer à ses congénères les meilleurs motifs possibles au lieu de motifs toujours mauvais! Il se peut que le monde en général ne soit pas aussi éloigné que nous le pensons de cette attitude supérieure et grandiose. Nous connaissons tous des exemples d’Homme, apparemment commun et rustre comme ses semblables, qui sacrifie délibérément sa vie pour sauver un camarade. Cela montre qu’il y a les graines du bon sentiment en chaque Homme, et que, grâce à la bonne puissance appliquée, au bon moment et de la bonne manière, l’Homme ordinaire peut être élevé à de grandes hauteurs. Et l’Homme qui est prêt à donner sa vie pour un idéal maintenant peut très probablement être prêt à passer sa vie à suivre un idéal quand il reviendra dans une autre incarnation.

Il se pourrait qu’en la présence du Christ maintenant revenu, ce qui serait autrement sans espoir et impossible soit maintenant facile à réaliser; il se pourrait que sous cette merveilleuse influence, les Hommes se réveillent et mettent leur bon sens au service de la résolution des différents problèmes qui se présentent à eux. Il n’y a rien de trop grand à espérer d’une telle puissance.

  1. Toutes les grandes fêtes ont un autre aspect, et celle-ci l’a peut-être même de façon prééminente. Il s’agit des canaux spéciaux qui s’ouvrent en ces occasions pour un plus grand déversement de puissance divine qu’en temps ordinaires. Comprenons-nous bien: il n’est pas question ici d’une limitation de la toute-puissance de Dieu – idée qui serait autocontradictoire. Car Dieu lui-même travaille par des moyens et profite des opportunités; et sa merveilleuse création est si totalement unique en Lui, si mystiquement liée, que lorsque les étoiles se déplacent dans leur course naturelle, il y a des moments et des configurations où certaines énergies sont plus facilement disponibles qu’à d’autres périodes– lorsque les ponts sont dégagés, les canaux s’ouvrent; et Noël est un tel moment. Ces occasions spéciales, ces grandes fêtes, ne sont pas de simples commémorations; elles indiquent des actions précises sur le chemin du Christ vivant qui est à la tête de son Église. Tous les membres de l’Église sont membres du Christ et sont définitivement liés à Lui par le baptême et la confirmation, et plus encore par le très saint sacrement de son amour; ils sont donc toujours, dans une certaine mesure, sous son influence. Mais il a ordonné certaines méthodes pour répandre son influence sur son Église, et la plus grande de toutes est le sacrement de la Sainte Eucharistie. Il y a donc des moments et des conditions particulières où le déversement est définitivement encore plus disponible. Nous sommes toujours en lien avec le Christ, et pourtant nous savons tous que nous sommes plus étroitement liés à Lui lorsque nous venons dans Son Église, lorsque nous nous trouvons devant Sa présence dans le pain et le vin qu’Il a choisi pour être Son véhicule, par lequel Il se représente Lui-même à nos sens extérieurs.

De même que cette Présence est plus intime que la Présence qui est toujours avec nous, de même nous avons une extraordinaire effusion de pouvoir à certains moments et à certaines saisons. Il y a certainement un déversement plus important, plus universellement assimilable, les jours de Noël, de Pâques, de l’Ascension, de la Pentecôte, du dimanche de la Trinité; chacun de ces jours a son caractère particulier. Un jour tel que cette grande fête de Noël est une véritable opportunité pour chacun d’entre nous, car il y a alors un flux de puissance divine plus fort et plus défini, simplement parce que le monde entier est mieux préparé à la recevoir.

Il est bon pour l’étudiant de mettre de côté les vieilles conceptions et les préjugés et de faire un effort déterminé pour comprendre le principe qui sous-tend toute cette question de l’effusion de la force utile à partir des plans supérieurs. Ce principe est simple et scientifique, mais la plupart des gens doivent réorganiser leur pensée sur les questions religieuses avant de pouvoir le saisir. Aussi prodigieuse que soit la force spirituelle disponible qui vient en aide à l’Homme égaré, elle est néanmoins soumise à une loi absolue et immuable selon laquelle elle ne doit jamais être gaspillée – mais au contraire qu’elle doit être utilisée au mieux. Cela vaut à tous les niveaux. Dans le plus merveilleux des sacrements de la Sainte Eucharistie, nous avons le privilège de faire appel à de grands anges pour nous aider, et le point central de toute la cérémonie, la consécration, est l’acte de notre Seigneur lui-même par l’intermédiaire de l’Ange de la Présence; pourtant, l’ensemble de ce formidable déversement dépend de notre initiative. C’est le fait qu’un prêtre soit prêt à célébrer qui donne l’occasion, qui met en marche toute cette merveilleuse dynamique céleste.

C’est un axiome que le travail le plus élevé que chacun puisse faire est surtout et essentiellement le travail qui lui est assigné. Par exemple, ceux d’entre nous qui peuvent travailler dans le monde astral passent leurs nuits à essayer de faire le travail d’aides invisibles, d’aider les gens dans la douleur et la souffrance. Nous voulons faire tout ce que nous pouvons. Indiscutablement, l’un de nos maîtres spirituels ou l’un des grands saints pourrait faire bien plus dans ce travail que n’importe lequel d’entre nous, et pourtant il ne le ferait pas, parce qu’il peut faire un travail cent fois plus efficace sur des plans supérieurs, et s’il faisait ce travail qui nous incombe, cela le marquerait de telle sorte que, pour lui, faire ce travail inférieur serait un gaspillage de force.

Ainsi est-il préférable pour la communauté dans son ensemble que chaque Homme accomplisse le travail le plus élevé selon ses capacités. Ce principe est valable tout au long du processus. Pour l’Instructeur du Monde, qui peut exercer des pouvoirs supérieurs à ceux de tout autre Maître ou saint, ce serait une perte de temps de faire le travail qu’ils font habituellement, car il peut faire quelque chose de bien plus grand encore. Il est donc préférable que chaque Maître et chaque saint fasse le travail qu’il peut faire, et qu’au-dessus de lui le Maître du Monde fasse son meilleur travail, et qu’ici-bas nous fassions ce même travail à notre niveau. La providence divine et l’abondance de la Nature repose sur ce principe dynamique (et sattwique – symbole de la Vierge mercurienne) selon lequel chacun est convié à faire tout ce qu’il peut (et pas plus évidemment) dans les conditions les plus économiques possibles – c’est ainsi que sont mises en valeur les énergies divines et que l’évolution peut se poursuivre.

Le Seigneur ne se détournera pas du travail supérieur qu’Il accomplit, pour faire tout ce que nous pouvons faire par nous-même – à moins que son intervention ne soit profitable du point de vue du progrès de l’ensemble. Lorsque la congrégation d’une église fournit l’amour, la dévotion et l’enthousiasme avec lesquels le magnifique édifice eucharistique peut être construit, il vaut la peine que les grands Anges descendent et aident, parce que le matériel a été préparé par les Hommes, et que ce travail dans la matière leur incombait en bonne intelligence avec l’harmonie divine qui implique une hiérarchie.

Le soleil brille toujours, mais il n’est pas toujours visible pour nous sur Terre, parce que les nuages se mettent en travers. De même, le divin Christ se répand toujours, mais nous faisons parfois nos propres nuages, qui gênent et empêchent cette puissance divine d’influencer nos vies à certains moments. Ce n’est donc pas la faute du Christ, mais notre responsabilité. Lorsqu’un Homme perce les nuages qu’il a lui-même créés, il est capable de recevoir cette pluie de bénédiction divine. Sans cela, il ne pourrait pas la recevoir, il faudrait la lui imposer – mais ce n’est pas la façon dont Dieu traite l’Homme. Il ne s’impose jamais à lui – au contraire des élites et des zélotes covidistes. Il y a une très bonne raison à cela: une telle intervention n’aiderait pas notre évolution. Tel est la Loi naturelle, et si nous voulons recevoir sa grâce, nous devons nous ouvrir à son influx.

Un individu peut s’y ouvrir dans une certaine mesure; mais lorsque des milliers et des milliers de personnes se connectent pour le faire, l’énergie de cette pluie que nous appelons « grâce », « force divine », « omnipotence » et « amour inconditionnel et infini » prend une ampleur qui nous permet de reconnaître qu’elle ne cesse de couler. Noël est une période où cette opportunité est favorisée. Bien sûr, la mesure dans laquelle nous pouvons en profiter dépend de plusieurs facteurs. Tout d’abord, et surtout, cela dépend de la mesure dans laquelle l’esprit de Noël est entré dans nos cœurs. Si nous sommes remplis de la paix et de la bonne volonté de Noël, la bonne volonté du Christ lui-même peut atteindre nos cœurs.

Cela dépend aussi de la mesure dans laquelle nous avons utilisé la saison de l’Avent pour nous préparer. Il y a certaines vertus que nous aurions dû essayer de cultiver en nous, certains vices que nous aurions dû réprimer; si cela a été fait, nous sommes d’autant plus prêts à profiter de cette grande effusion saisonnière de puissance divine. Soyez sûrs que ce pouvoir est bien réel. Ce que nous appelons parfois la grâce de Dieu est une force aussi précise et aussi réelle que l’électricité ou la vapeur; mais elle concerne une matière supérieure. Dire cela, ce n’est pas matérialiser une conception spirituelle, c’est plutôt un effort pour ramener une grande vérité à notre compréhension, pour la rendre claire et réelle pour nous. Nous sommes des créatures matérielles; nous avons encore un corps multidimensionnel; non seulement le corps physique que tous voient, mais aussi le corps émotionnel et le corps mental – que tous voient aussi en fait. Mais tous ces corps sont matériels. Toutefois, il y a un esprit qui se cache derrière tout cela – un esprit que personne ne peut voir, que personne ne peut toucher; mais il est encore bien au-dessus de nous, et quand nous pourrons le réaliser parfaitement, nous serons cachés avec le Christ en Dieu. Mais maintenant, et en attendant, nous vivons dans des corps; et c’est à travers et au moyen de ces corps que nous devons être affectés. C’est pourquoi le Christ lui-même déverse une influence voilée sous des formes matérielles afin qu’elle puisse nous aider. Sinon, elle passerait au-dessus de nous et au-delà de nous, et pour nous, ce serait comme si elle ne l’était pas. C’est pourquoi Il met à part certaines périodes, comme Noël, où cette effusion peut descendre à un niveau inférieur et nous influencer plus facilement; Il met à part certains lieux, comme ses églises, où nous pouvons être plus facilement, plus aisément atteints.

Tout Homme, où qu’il soit, peut toucher l’esprit du Christ dans la mesure où son âme (qui constitue – anime – l’Homme en réalité) est en harmonie avec cet esprit. Mais les lieux spécialement consacrés et magnétisés qui sont mis à part pour Son service rendent ce travail plus facile, car leur influence est destinée à nous mettre dans une condition où nous pouvons recevoir cette aide d’en haut. Une église est l’un des lieux mis à part pour son service; Noël est l’une de ces occasions sur lesquelles il est plus facile pour tous de s’approcher de Lui.

Essayons donc de réaliser que le jour de Noël est une occasion personnelle pour chacun d’entre nous; que nous ne nous contentons pas de répéter une vieille formule lorsque nous chantons « Un Enfant nous est né, un Fils nous est donné. » Il y a en fait une effusion définie de cette force divine pour chaque membre de Son Église, et la mesure dans laquelle nous pouvons y participer, la quantité que nous pouvons en tirer, n’est limitée que par notre pouvoir de recevoir. Le Christ est illimité, et son pouvoir rayonne sur le monde entier. Ce que chacun de nous peut en tirer est notre affaire; c’est entre nos mains. Ouvrons nos cœurs à l’esprit de l’Enfant-Christ, à l’esprit de Noël, et ce Christ-Enfant remplira nos cœurs de sa joie et de sa paix.

En outre, nous ne devons pas perdre de vue que la préparation ne se fait pas que par nous-mêmes sur le plan physique, car lors de toutes les grandes fêtes, des foules d’anges plus nombreuses se rassemblent autour de nos autels, et l’effusion est certainement plus grande en conséquence. Chaque dimanche, les Anges se rassemblent autour de chaque célébration, car une certaine section de cet Ordre glorieux a pris pour tâche spécifique de dispenser cette force en relation avec l’Église chrétienne; mais les jours tels que Noël, Pâques, le jour de l’Ascension ou la Pentecôte, non seulement cette section est en action, mais pour le moment presque tous leurs frères Anges se concentrent sur cette branche spéciale du travail. Bien entendu, cela n’est pas seulement vrai pour la religion chrétienne, mais aussi pour d’autres religions. Par exemple, lors de la grande fête du Wesak des bouddhistes, on peut dire que presque toute l’armée céleste est temporairement concentrée sur le travail lié à cette fête. On verra donc qu’il y a des raisons pour l’insistance de notre Église sur l’importance d’observer les saisons ecclésiastiques.

  1. Enfin, un des aspects essentiels de Noël est la marque d’une saison de réjouissance – en dehors de son côté religieux si quoi que ce soit qui s’y rattache peut jamais être en dehors de cela. C’est cet aspect qui est si important dans l’œuvre de Charles Dickens, qui le dépeint toujours comme la fête de la bonne camaraderie. Le monde anglophone doit beaucoup à Dickens pour les leçons qu’il a données sur Noël.

C’est un temps de paix pour les hommes de bonne volonté. C’est une chose merveilleuse, cet esprit de Noël, ce véritable sentiment de fraternité qui se répand largement ce jour-là – lorsqu’on a fermé la porte aux nez des professeurs Salomon et Derey, des Véran et Castex -. Il y a une plus grande bonne volonté, une plus grande gentillesse et camaraderie, une plus grande fraternité le jour de Noël que tout le reste de l’année. Mais comme nous sommes submergés par le bruit et le tumulte du monde, comme nous ne pouvons pas encore tous ressentir cette noble cordialité de Noël tout le temps, il est au moins bon qu’il y ait un jour où le monde entier accepte de la ressentir, où chaque Homme essaie de se rapprocher le plus possible de la fraternité qui devrait exister toute l’année. Il est également bon que nous nous efforcions de transmettre notre joie aux autres, qu’une bonne coutume ait vu le jour, selon laquelle le jour de Noël, les pauvres et les voisins sont aidés à réaliser la grande fraternité de l’humanité, car notre joie de Noël ne peut être parfaite que dans la mesure où nous la partageons avec d’autres moins dans le confort que nous.

Que Noël entre dans nos cœurs et dans nos âmes, et essayons, chacun d’entre nous, de ressentir ce que les anges ont chanté depuis si longtemps – d’abord « gloire à Dieu au plus haut des Cieux », et alors rien de moins que « paix sur la Terre pour tous les hommes de bonne volonté ».


Source: Charles W. Leadbeater: The Hidden Side of Christian Festivals

Ce deuxième chapitre traduit en français se trouve ici.

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