QUI gouverne la France [108]

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  • Post last modified:1 juin 2026
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L’affaire Burgat commence en 2024. Les massacres à Gaza, programmés bien avant par le pouvoir israélien, ont débuté au mois d’octobre 2023. Le spécialiste de l’islam est devenu célèbre pour une phrase : « J’ai infiniment, je dis bien infiniment plus de respect et de considération pour les dirigeants du Hamas que pour ceux de l’État d’Israël ». Depuis, il est accusé d’apologie du terrorisme, quand il a dénoncé les crimes sexuels perpétrés par les Israéliens.

M. Burgat avait retweeté sur son compte X un communiqué du Hamas qui répondait alors à un article du quotidien américain New York Times sur des viols et violences sexuelles commis lors des attaques du 7 octobre 2023. Dans un autre tweet, il disait avoir « infiniment plus de respect et de considération » pour les dirigeants du Hamas que pour ceux de l’État d’Israël. (Le Monde)

Après avoir été relaxé en première instance le 28 mai 2025, il perd en appel le 27 mai 2026, et la somme de ses condamnations se monte à 17 000 euros. Il s’exprime sur Mizane TV.

« Pour moi cette condamnation, ce jugement, n’a en aucune façon établi une quelconque culpabilité de ma part, mais ça nous a donné deux informations essentielles. La première c’est que, quoiqu’il s’en défende, le système judiciaire fonctionne sous tutelle étroite du pouvoir politique, et la deuxième, elle est presque plus grave, c’est que le pouvoir politique fonctionne sous tutelle d’une puissance étrangère, qu’il n’est pas nécessaire de nommer.

Est-ce que je m’y attendais ? Oui, pour deux raisons : parce qu’on a eu des preuves très, très récemment que les gens qui sont représentés par les parties civiles ou qui sont derrière les parties civiles, sont au pouvoir en France. Il n’y a pas un millimètre. On a vu que notre ministère des Affaires étrangères lisait, reprenait à son compte le véritable communiqué de l’État d’Israël. […]

Le capital symbolique des Israéliens était tout entier produit par ce registre victimaire, “on a souffert”, donc. Et on est en train d’apercevoir, et tout le monde est en train de s’apercevoir, et le monde entier est en train de s’apercevoir, que sous ce registre victimaire il y avait en fait un registre suprémaciste. »

François Burgat est universitaire, et le pouvoir profond, derrière le pouvoir politique, lui-même derrière le pouvoir juridique, envoie un message à tous les intellectuels qui seraient tentés de considérer le Hamas comme un organe de résistance à la colonisation et aux destructions d’Israël à Gaza.

La législation sur l’apologie de terrorisme, on le sait, a été définie pendant les années Daech et destinée aux Français qui allaient combattre en Irak et en Syrie, après 2014.

Dans un entretien publié le 9 octobre 2024 dans L’Humanité, Marc Trévidic critique « un véritable abus, un usage totalement dévoyé de la loi » sur l’apologie du terrorisme, devenue selon lui une source de « condamnations, parfois très lourdes » visant des faits qui n’ont « rien à voir avec du terrorisme ». Il déplore que la loi Cazeneuve de 2014, dont il fut pourtant l’un des inspirateurs, ait permis à « tous les tribunaux » de juger une notion qu’« il faut savoir manier », ouvrant la voie à des dérives et à « un sentiment compréhensible » de « deux poids, deux mesures », illustrant : « On peut aujourd’hui clamer que les bombardements sur Gaza sont légitimes sans être poursuivi – ou alors, dans le cadre de la loi sur la presse, avec la prescription de trois mois et toutes les contraintes inhérentes. Tandis qu’un simple tag en soutien à la Palestine vous fait encourir la prison. » Marc Trévidic affirme qu’« il aurait fallu laisser l’apologie du terrorisme dans la loi sur la presse et édicter un texte de répression spécialement consacré aux sites de propagande djihadiste ». (Wikipédia)

Le juge Trévidic lui-même admet que sa loi a été détournée. Au profit de qui, on vous laisse juges. Aujourd’hui, malgré les évidences, comme disent les Anglais, Tsahal n’est toujours pas considérée comme une entreprise terroriste, alors que le Hamas et le Hezbollah, ô combien plus faibles et moins meurtriers, le sont. Dans ce domaine, c’est l’Amérique qui décide. Mais qui dirige l’Amérique, au fond ?

La réaction des avocats des deux parties (Source : Le Monde)

« La réponse judiciaire me déçoit énormément », a réagi auprès de l’Agence France-Presse l’avocat de la Licra, Serge Tavitian, évoquant notamment le volet Paty. « Je pense que, de manière générale, on ne tient pas assez compte du poids des mots. Et on ne tient pas assez compte du fait que les mots tuent », dit-il encore.

« Il y a dix ans, François Burgat était auditionné par l’Assemblée nationale pour son expertise sur les questions de terrorisme. Une décennie plus tard, il est condamné pour “apologie du terrorisme”. Ce n’est pas son discours qui a changé. C’est le regard que la société porte sur lui », a déploré sur X, Me Rafik Chekkat, un conseil de M. Burgat.

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