Chapitre premier

L’AVENT: du 28 novembre au 24 décembre 2021

Le dimanche de l’Avent est ce qu’on peut appeler le Nouvel An ecclésiastique. Si la première grande fête de l’année de l’Église est bien celle de la naissance du Christ, qui correspond à la première des grandes Initiations, l’Église, dans sa sagesse, s’est organisée pour donner un certain temps de préparation à chacune de ses grandes fêtes – et par conséquent, avant la fête de Noël, nous avons la saison de l’Avent.

En préparant la commémoration de la nativité durant la période de l’Avent, nous profitons d’une période durant laquelle se propagent et s’accumulent les énergies spirituelle. Et plus nous nous préparons de manière appropriée, plus nous recevons de grâces. C’est ainsi que pendant l’Avent nous sommes invités à nous habituer à penser chaque jour à la venue du Seigneur, et à l’Initiation qu’elle caractérise.

L’Église utilise différents taux vibratoires, qui se montrent à nos yeux comme différentes couleurs, pour nous aider à comprendre les différentes leçons à tirer successivement au cours de l’année ecclésiastique. Pendant les périodes de préparation (Avent, Carême et les veillées des jours de fête des Saints) la couleur la plus utile est le violet, en raison de son caractère actinique et perçant, ainsi que ses propriétés de nettoyage. Mais vers le milieu de l’Avent et du Carême, on trouve un dimanche où le rose est prescrit.

De curieux malentendus ont fait de ces périodes préparatoires des moments de pénitence et de souffrance. Ajoutant la confusion aux malentendus, il a été supposé que le dimanche rose s’est introduit comme une sorte de soulagement momentané au milieu des austérités. Une théorie plus proche de la vérité affirme que, comme le seul notre amour véritable pour Dieu peut efficacement nous purifier. Ce changement significatif de couleur en milieu de période serait ainsi conçu pour nous rappeler cette profonde et véritable affection qui doit sous-tendre et imprégner tous les efforts que nous faisons en vue d’une initiation réussie et permanente. Il n’en demeure pas moins que la joie doit caractériser l’ensemble de cette période; car ce n’est pas en faisant le deuil stérile de nos péchés mais en prenant la ferme résolution de les abandonner que nous pouvons nous adapter pour profiter pleinement de la glorieuse fête qui approche.

L’Église catholique a toujours reconnu la double nature de la saison de l’Avent:

  1. Célébration de la naissance du Christ dans Sa dernière vie sur Terre; mais aussi:
  2. préparation pour sa prochaine Venue!

il y a de graves malentendus sur ce dernier points. Dans les Écritures Chrétiennes, le second Avènement du Christ est enchevêtré avec l’idée de la fin du monde, de telle sorte que les personnes qui l’attendent, le considèrent en général comme la fin de l’ordre qu’ils connaissent, et c’est pourquoi la plupart d’entre eux le craignent. C’est oublier que les vrais mystiques nous enseignent que Dieu est Amour, et que les croyants n’ont donc rien à craindre d’aucune manifestation de Sa Présence, car ils savent, qu’ils Le voient ou non, qu’Il sera toujours avec eux jusqu’à la fin des temps.

Toute crainte de Dieu provient d’un grave défaut de compréhension quant à sa réelle nature! Si la Venue du Christ est en effet liée à une fin, ce n’est pas la fin du monde, mais la fin d’une époque ou d’un régime – le mot grec est aïon qui pour nous est non seulement l’idée d’une ère – d’un mois dans la Grande Année, mais, dans le cadre de cette seconde Venue annoncée, l’avènement d’une nouvelle ère coïncide avec le début d’une nouvelle année platonicienne – voir à ce sujet notre note liminaire introductive. Il y a deux milles ans, le passage de l’ère du Bélier à celui du Poisson signifiait que le régime de la loi Juive devait arriver à son terme, et être remplacé par la bonne parole des évangiles. Comme on le voit présentement, les temps sont venus pour que celle-ci, désormais pervertie sans vergogne et jusqu’à l’os de l’intérieur, prenne fin à son tour dans cette apocalypse, qui est la révélation d’un nouveau message pour l’humanité lors de la deuxième venue du Christ, telle que prophétisée par St-Jean.

Certes l’enseignement – dans son esprit – sera nécessairement le même, car n’en déplaise au relativisme actuellement triomphant, il n’y en a qu’une Vérité. Mais celle-ci peut se dévoiler toujours un peu plus, à force que la phase d’involution s’approche de son apogée, donc de son retournement en phase d’évolution proprement dite.

Pour étayer notre affirmation au sujet de l’unicité de la Vérité, nous partirons du constat que s’il existe une différence considérable entre les enseignements extérieurs du Christianisme, du Bouddhisme, de l’Hindouisme et de l’Islam, en examinant les Hommes de bien de toutes ces religions et en enquêtant sur leur pratique quotidienne, nous serons cependant contraints d’admettre qu’ils mènent tous précisément une vie très semblable dirigée par les mêmes vertus. En effet, ils s’accorderont tous sur les vertus qu’un Homme de bien doit posséder et sur les maux qu’il doit éviter. Ils nous diront tous qu’un Homme doit être charitable, sincère, aimable, honorable, qu’il doit aider les plus démunis; ils nous diront tous qu’un Homme qui est brutal et cruel, un homme qui est menteur et déshonorant, ne fait aucun progrès et n’a aucune chance de succès spirituels tant qu’il ne changera pas ses habitudes.

En matière de spiritualité, il est essentiel de garder les pieds sur Terre: nous nous devons de reconnaître que les choses qui ont une réelle importance dans n’importe quelle religion n’ont rien à voir avec les vagues spéculations métaphysiques sur des questions dont personne ne peut vraiment répondre avec certitude, et qui n’ont aucune influence sur notre conduite! Les choses importantes sont les préceptes qui affectent nos vies quotidiennes, qui font de nous ce genre d’Homme ou cette autre genre d’Homme dans nos relations avec nos semblables. Or ces préceptes sont les mêmes dans toutes les religions existantes; et ils seront les mêmes dans le nouvel enseignement, quel qu’il soit.

L’avènement à venir ne promet pas de nouveaux préceptes mais une simple mise à jour des mêmes formules: si l’ignorance est source de bien des maux, l’absence de compassion, de gentillesse et d’amour est un bien pire mal. En effet, les maux du monde proviennent du manque d’amour et de fraternité. Si l’Homme, en toute humilité apprend à aimer et à adopter l’attitude fraternelle, alors tout le mal disparaîtra et l’âge d’or va s’ouvrira à nous. St-Jean insistait avec force sur la même idée: « Celui qui n’aime pas n’imite pas Dieu, car Dieu est amour. » Saint-Jean a vécu jusqu’à un grand âge (plus de cent ans), et alors qu’on devait le porter sur une chaise au milieu de la foule pleine de jeunes gens, il leur disait: « Petits enfants, aimez-vous les uns les autres! »

En lisant la bible chrétienne, nous devrions ne pas oublier que son langage est largement symbolique. Il est loin d’être certains que tous ses scribes comprenaient exactement ce qu’ils retranscrivaient. Et parfois leur retranscription ne correspondait pas à qui était dit. Ainsi de cette idée de destruction du monde. Dans cette Église Catholique Libérale, nous adorons et nous suivons le Christ vivant. Pas seulement un Christ mort il y a deux mille ans, mais un Christ Qui vit et inspire Son Église en cet instant même. Il a ses prophètes qui nous ont dit qu’Il viendra encore une fois. Ce sera en fait le début d’une nouvelle ère pour ceux qui seront prêts à l’accepter. Ce sera un grand changement, mais ce sera un changement essentiellement mental et moral. Qu’il soit bien clair dans notre esprit qu’Il ne vient pas pour détruire le monde, mais pour enseigner, tout comme il l’avait fait précédemment. Il vient pour régner, certes, mais pour régner dans nos cœurs, car Son royaume n’est pas de ce monde. Comment devons-nous alors nous préparer pour Son retour? Principalement par une attitude désintéressée et par le service à autrui pour Lui et en Son nom. Nous devons développer en nous les vertus de dévouement, de fermeté tout en douceur. Il aurait prédit, qu’à nouveau, beaucoup seront ceux qui ne l’écouteront pas, tellement ils se seront vautrés dans les affaires et les plaisirs matérialistes. Il cite l’histoire légendaire de Noé, selon laquelle les hommes poursuivaient leurs travaux et leurs loisirs, ne prêtant aucune attention aux prophéties, et le déluge arriva soudain, les détruisant tous. C’est la légende du naufrage de l’Atlantide, un fait historique, bien qu’il ne se soit pas produit exactement comme les traditions le décrivent. On rapporte que le Christ aurait dit que la même chose se reproduira lorsque le Fils de l’Homme reviendra. Les gens seront pleinement accaparés par leurs affaires et leurs loisirs – par leurs peurs et la liberté circonscrite à aller au cinéma ou au foot -, qu’ils ne penseront pas le moins du monde à Lui; aussi ne le reconnaîtront-ils pas.

Nous qui tentons d’étudier le sens intérieur de toutes ces choses, nous devons nous préparer à Le recevoir; et pour ceux qui se prépareront ainsi, soyez assurés qu’un temps merveilleux et glorieux va advenir. Sans doute nous rendons-nous difficilement compte du formidable privilège d’être né à cette époque.

Quiconque se met au service de l’un des plus petits de Ses frères, se met au service du Seigneur. C’est cela qui doit être notre préparation. Pour nous qui connaissons la proximité de Sa Venue, l’Avent n’est pas une période de peur, mais une joyeuse anticipation.


Source: Charles W. Leadbeater: The Hidden Side of Christian Festivals

Le chapitre premier entièrement traduit par nos soins se trouve ici.

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