3. Rendre les concepts intelligibles

« L’intuition est le fondement de toute connaissance ». (Pestalozzi) De manière pertinente mais peu descriptive, le philosophe Kant définit l’importance de l’intuition: « Les pensées sans contenu sont vides, les intuitions sans concepts sont aveugles. C’est pourquoi il est aussi nécessaire de rendre ses concepts sensibles, c’est-à-dire de leur adjoindre l’objet dans la vision, que de rendre sa vision intelligible, c’est-à-dire de la placer sous des concepts ».

Les Anglais, par exemple, ont tendance à parler de manière très descriptive, ils apportent des images, des comparaisons, des discours d’action, etc. « Un autre moyen de se faire connaître et de se familiariser avec l’auditeur est de jeter des coups d’œil furtifs sur soi-même, ici et là dans le discours. La présentation sous forme d’expérience, d’anecdote personnelle, est généralement appréciée dans la rhétorique des hommes d’Etat britanniques. On peut aussi y voir, dans une certaine mesure, une réponse à l’intérêt extraordinaire du public britannique pour les choses et les événements personnels. » (Hugo Fischer)

Les Français aiment davantage la clarté cristalline de la rationalité. Dans leur façon de parler, les Allemands sont systématiquement plus lourds et plus abstraits que nos voisins occidentaux. « Le français est comme la liqueur et le biscuit, l’italien comme le vin rouge et les oranges, le néerlandais est « tout à fait hareng » et l’allemand comme le bon pain de seigle et la bière ». (Vischer)

L’aspiration de nombreux orateurs est manifestement la suivante: « Comment puis-je le dire de manière éloignée, sophistiquée et difficile jusqu’à la limite de l’incompréhensible? » (Weller) Or, dans un bon discours efficace, la pensée conceptuelle et la pensée descriptive sont liées. Un discours composé de mots maigres et de phrases anémiques est sobre et insipide comme une soupe sans sel.

En règle générale, on part de la visualisation (image, comparaison, récit, etc.) pour arriver au concept. Les concepts abstraits sans fondement concret sont rarement retenus.
Les détails caractéristiques sont également descriptifs, alors que les résumés sommaires sont abstraits. Il faut avant tout habiller les chiffres. Personne ne peut mémoriser facilement une douzaine de chiffres, mais ils peuvent l’être s’ils sont rendus concrets. En utilisant des moyens d’expression clairs renvoyant à des choses sensibles, il est possible d’alléger et de rendre vivante même la matière la plus ennuyeuse.

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