9. Limitation (brièveté du discours)

Il s’agit d’un chapitre particulièrement important. « Le secret pour ennuyer, c’est de tout dire ! » (Voltaire). Dans un exposé, vous ne pourrez jamais épuiser complètement votre sujet – vous ne pourrez épuiser que votre auditoire.

Dans l’Antiquité, les Spartiates étaient ennemis de toute prolixité. Un jour, un messager d’une ville étrangère où régnait la famine demanda longuement un sac de céréales. Les Spartiates lui opposèrent une fin de non-recevoir : « Nous avons oublié le début de ton discours et n’avons donc pas compris la fin. » Un second messager montra alors le sac vide et dit simplement: « Vous le voyez bien: il est vide; veuillez y mettre quelque chose! » Les Spartiates remplirent le souhait, mais non sans instruction: « La prochaine fois, sois plus bref. Nous voyons bien que le sac est vide. Tu n’as pas besoin de mentionner que tu souhaites le remplir. Méfie-toi de la prolixité« . « Savoir être bref implique avoir de la réserve. Or, cette plénitude n’apparaît que par le recueillement patient que les ancêtres appelaient méditation ». (Naumann). « La véritable éloquence consiste à dire tout ce qui est nécessaire – mais vraiment à ne dire que ce qui est nécessaire! » (La Rochefoucauld dans ses « Maximes »).

Gardons donc à l’esprit que tout peut être dit plus brièvement et avec plus de force que nous ne le supposons. Un discours ne doit pas remplacer un livre. Il est facile d’en mettre trop dans un discours. Un discours trop long n’est pas toujours dû à une prolixité innée de l’orateur, mais très souvent à un manque de préparation. « Cette lettre est plus longue que d’habitude, parce que je n’ai pas eu le temps de la faire plus courte », avoue Pascal à un ami. Pour « lettre », on pourrait souvent dire « discours » !

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