1.3.2. L’énigme de l’ « évolution » à la lumière de la science ésotérique

2. Le Zodiaque vs l’Homme-machine et le transhumanisme

Le nom anciennement sacré du zodiaque acquiert ainsi d’un seul coup un nouveau sens: c’est à partir du zodiaque qu’agissent les forces de l’hérédité universelle. Celle-ci sème l’idée selon laquelle l’Homme est sur la Terre pour se réaliser, en suivant le plan contenu dans la graine, le faisant passer de l’état d’animal à celui d’Homme – en tant que dernier maillon provisoire d’une série de développements qui est destinée à le mener plus loin et plus haut. Car même le stade de l’Homme n’est qu’une phase intermédiaire dans le déroulement de l’ontogenèse cosmique de l’Homme réalisé, à la fin de laquelle se trouve la hauteur inconcevable de l’accomplissement final dans la divinité universelle elle-même – comme l’indique la Bible par ces mots: « L’homme fut créé à l’image de Dieu. »

Et maintenant, nous allons essayer de nous rapprocher de cette idée de développement, telle qu’elle vient d’être exprimée, qui doit nous montrer sous un nouvel éclairage le lien vital de l’embryon divin qu’est l’être humain avec l’ensemble du cosmos et en particulier avec le zodiaque. Il s’agit en particulier d’essayer de comprendre le « comment » de cette solidarité, dont le développement tire ses forces motrices.

[55] Mais avant cela, penchons-nous brièvement sur la manière dont les sciences naturelles de notre époque se positionnent par rapport au problème du développement. Comme nous l’avons déjà mentionné, la science de la nature reconnaît elle aussi l’ascension de l’Homme à partir de formes de vie inférieures, elle aussi déduit l’apparition de l’Homme sur cette Terre d’une série d’ancêtres qui remonte profondément dans le règne animal, jusqu’aux organismes primitifs unicellulaires, puis à une sorte de proto-soupe bactérienne avec les manifestations primitives de la croissance, du métabolisme, de la reproduction, et enfin au précurseur minéral de la vie avec le célèbre « lgnoramus – Ignorabimus » de Du Bois-Reymond. La profession de foi devenue classique du « lgnorabimus », par laquelle Du Bois-Reymond a capitulé devant la question cardinale de savoir comment l’inanimé minéral pouvait devenir vivant, devrait cependant être étendue à l’ensemble du problème du développement. Car la science de la nature est incapable de répondre à la question des forces motrices ou, disons-le maintenant plus clairement, de l’élan vital du développement organique, et il est presque effrayant de voir que le grand Darwin, confronté à cette question, finit par désigner le hasard comme la force décisive qui dirige l’évolution dans la série du développement. La « lutte pour l’existence », la lutte de tous contre tous, l’immense compétition pour la vie sur cette Terre, fait que partout l’être le mieux équipé par hasard est le vainqueur, le survivant, tandis que le plus faible, le moins bien équipé, disparaît peu à peu. Le plus fort, le mieux équipé, est le plus parfait, le plus viable, il transmet sa constitution plus parfaite à ses descendants – et ainsi de suite.

Le hasard de l’apparition d’êtres vivants mieux organisés ou plus parfaits est ainsi érigé en véritable moteur de l’évolution. Qui pourrait se satisfaire d’une telle interprétation de l’histoire du développement? Est-ce par hasard que l’œuf de poule devient une poule et non un ver de terre? Et pourtant, Darwin ne pouvait pas penser autrement, car il voulait, comme tous les autres naturalistes, trouver les forces motrices du développement uniquement dans les conditions terrestres et aucune des lois physiques et chimiques connues ne lui semblait applicable dans ce cas. Le hasard ne fait donc que masquer le recours à des énergies inconnues situées en dehors du domaine des effets physiques et chimiques, parmi lesquelles nous devons aussi compter l’hérédité! Rejeter cela avec le mot hasard, c’est quasiment pécher contre la pensée logique. [56] C’est pourquoi l’idée fondamentale de Darwin a tout d’abord été unanimement rejetée par les philosophes contemporains et les naturalistes de tendance philosophique, comme K.E. von Baer en Allemagne. Schopenhauer qualifie l’œuvre de Darwin d' »empirisme plat ». Et Schiller, bien que vivant bien avant Darwin, trouve la défense la plus profonde dans cette pensée:

Là où les forces brutes agissent sans sens

Là, aucune structure ne peut se former.

Schiller

Mais chez Darwin aussi, à côté de ces forces brutes, il y a une force qui ne lui semble pas être le fruit du hasard et qui se tient dans sa pensée presque comme un messager d’un autre monde: c’est précisément l’hérédité, la force de faire émerger l’organisation du descendant à partir de quelque chose qui devrait être étranger à la pensée matérialiste et qui ressemble à une sorte de fonction de mémoire de la matière, une sorte de mémoire héréditaire organique et créatrice. Mais même cette mémoire héréditaire ne pourrait jamais conduire le développement au-delà du stade déjà atteint, s’il n’y avait pas cet étrange « hasard » qui vient à son secours.

Or, c’est précisément là où le mot « hasard » devrait masquer l’absence de possibilité d’interprétation de l’énigme du développement à partir des moyens de la pensée scientifique, qu’intervient la compréhension issue de la pensée ésotérique, qui doit nous rapprocher aujourd’hui un peu plus de la compréhension du problème du développement en général et donc de l’arcane du zodiaque lui-même, dont il a déjà été dit qu’en lui repose l’archétype de la forme humaine, mais dont il faudra montrer plus loin qu’il envoie aussi sur cette Terre les forces grâce auxquelles l’évolution de l’Homme – depuis les règnes les plus bas du niveau minéral, végétal et enfin animal jusqu’au niveau humain – a été possible.

Mais pour cela, il faut que nous nous fassions une autre idée de ce que nous appelons les trois règnes minéral, végétal et animal que celle qu’enseigne la science naturelle profane. Ce que nous avons devant nous dans ces trois royaumes, je ne peux l’exprimer, du point de vue de la pensée ésotérique, que par une phrase à consonance mystique, qui a presque l’air d’expliquer ce qui est obscur par ce qui est encore plus obscur; et pourtant ces mots obscurs ont dû être choisis pour rendre vivante la profonde opposition entre les forces brutes par lesquelles l’évolution de l’Homme se serait accomplie à partir des royaumes inférieurs, et ce que la pensée ésotérique nous apprend à reconnaître.

[57] Nous voyons dans ces trois royaumes les traces d’entités spirituelles supérieures, laissée dans le sable de cette Terre. Cela peut sembler étrange au premier abord; et pourtant, ce qui est à la base de cette phrase vivait déjà dans l’imagination des peuples anciens, dans une image symbolique que connaît également la Bible. La divinité suprême est représentée de telle sorte que sa tête repose sur le firmament du ciel, que ses bras traversent l’espace et que ses pieds touchent la Terre, dont la Bible dit qu’elle est le marchepied de ses pieds. Mais ce que nous entendons par cette phrase, nous pouvons l’extraire des profondeurs de la conscience humaine elle-même, si nous nous rendons compte que l’Homme est déjà devenu un être capable de laisser sa trace dans le sable de cette Terre, de laisser une trace de son action qui puisse être incorporée à la mémoire héréditaire cosmique de la Terre – une trace de pas dans le petit. Mais pour reconnaître cela, il est nécessaire que nous ne regardions pas l’Homme avec des yeux profanes, que nous ne voyions pas sa forme extérieure comme la science naturelle la voit ou comme l’anatomiste la décrit, et, pour le dire brièvement, avec les yeux du zoologiste, comme Linné, qui a intégré l’Homme au règne animal, l’a regroupé dans l’ordre le plus élevé du règne animal avec les singes de l’ancien monde sous le nom de « primates » et lui a donné le nom honorifique d’Homo sapiens, par opposition à l’Homo satyrus (orang-outan). On ne peut faire cela que si l’on fait violence à la forme humaine. Il faut la priver de force d’une multitude de caractéristiques pour parvenir à une image extérieure de l’Homme, qui présente toutefois une certaine ressemblance avec le gorille ou le chimpanzé. Il faut passer outre tout ce qui distingue déjà largement l’Homme tel que nous le voyons des animaux les plus évolués. Car la forme sous laquelle l’Homme se présente au regard de l’anatomiste profane n’est pas du tout sa véritable forme.

Il possède déjà une quantité d’organes que l’animal ne possède pas, des organes qui s’étendent bien au-delà de son corps zoologique, des organes qu’il s’est lui-même fabriqués à partir de matière terrestre, mais dans lesquels son esprit vit et continue d’agir, qui font indissociablement partie de lui – qui lui appartiennent presque organiquement, comme une sorte de prolongement de son corps organique dans la matière terrestre – : l’empreinte de ses pas dans le sable de la terre. Mais où peut-on voir ces organes ? [58]

Eh bien, tout le monde peut les voir, si son œil est suffisamment impartial pour ne pas laisser son regard s’embrouiller. L’Homme possède d’abord un vêtement qu’il enfile sur sa peau nue – une deuxième enveloppe qu’il a lui-même fabriquée. Mais sur cette deuxième peau, il enfile une autre enveloppe, une troisième peau: la maison qu’il s’est construite, les chapeaux qui le protègent comme la peau primaire reçue du patrimoine génétique du cosmos. Autour de cette hutte, il tire une quatrième peau, et il s’agit de l’organisation étatique de sa vie communautaire avec les autres Hommes et les lois qui en découlent. Mais nous ne voyons pas seulement l’Homme revêtu de ces enveloppes, nous le voyons également équipé d’une série d’organes qui ne sont certes pas intégrés dans son corps physique, mais par lesquels il se manifeste dans le monde, et ce sont avant tout ses outils et ses machines. Et dans ces outils et ces machines, l’esprit de l’Homme travaille effectivement en organisant la matière terrestre, de telle sorte que nous pouvons dire qu’il y imprime son empreinte. Car il agit à travers elles en modifiant l’environnement terrestre, ce qu’il ne pourrait pas faire par la simple nature animale de son être. Il modifie la direction des forces naturelles et leur mode d’action, il construit des machines qui transforment les forces naturelles selon son plan, afin d’accomplir par elles ce qu’il ne pourrait pas faire avec les organes que la nature lui a donnés. Ainsi, dans ces machines, la pensée et la volonté de l’homme vivent bien au-delà des limites des possibilités que le corps lui a données.

Dans les années quatre-vingt du siècle dernier, le technicien Ernst Kapp a tenté de démontrer dans son ouvrage Grundlinien einer Philosophie der Technik (« Lignes de base d’une philosophie de la technique ») que toutes les inventions techniques de l’Homme sont tirées de son corps, le plus souvent inconsciemment, par un processus qu’il appelle « projection d’organe », comme d’un manuel secret, par exemple le marteau comme projection de l’avant-bras avec le poing fermé, la pince comme main de préhension, les ciseaux comme dentition, la camera obscura ou l’appareil photographique comme œil, etc. Quoi qu’il en soit, l’Homme est capable de transporter et de développer consciemment dans la matière l’organisation corporelle vivante et directe qu’il a reçue de la nature. Si nous considérons ainsi ses machines, elles deviennent toutes des organes de l’Homme qui lui appartiennent bien, mais qui se trouvent en dehors de son corps physique et qui forment, dans le périmètre de son activité, une sorte de projection de son intérieur vers l’extérieur, une sorte de rayonnement pangénétique de son être dans l’environnement matériel, une sorte de transmission consciente de l’hérédité du monde par voie spirituelle ou l’empreinte de sa trace dans la matière terrestre. [59]

Examinons maintenant d’un peu plus près ces organes-machines de l’Homme en ce qui concerne ce qui y « vit » ou, plutôt, « semble vivre » en eux.

Pensons par exemple à la montre de poche. Ce qui vit et travaille dans la montre de poche, c’est l’aspiration de l’Homme à une mesure précise du temps, le désir d’une chose qui l’informe à chaque instant souhaité de la position du soleil; il s’est créé un être qui fait ce que les Hommes devaient faire eux-mêmes pendant de longues périodes: regarder le soleil pour savoir quelle heure il est dans la journée. Et ce petit être fait ce travail à sa place et le rend encore beaucoup plus précis et parfait.

Ou pensons au téléphone. Ce qui vit et travaille dans le téléphone, c’est l’aspiration de l’Homme à parler à un autre Homme éloigné de lui, hors de portée de voix. Il s’est créé un messager acoustique qui se déplace à la vitesse de la lumière et transmet les mots, incomparablement plus vite que ne pourrait le faire le messager humain le plus rapide, et même plus vite que le son ne se déplace. Ou pensons, pour citer encore quelque chose de tout à fait différent, au livre. Ce qui vit et travaille dans le livre, c’est l’effort de créer une chronique extrêmement fidèle de tout ce qui a déjà été pensé, de créer un réservoir de mémoire dans le monde extérieur, d’en faire les archives permanentes de ses pensées. Ou pensons au disque du gramophone. Ce qui vit et travaille dans le disque du gramophone est semblable à ce qui est consigné dans les livres, à ceci près qu’il résonne comme la voix humaine immédiate, dont il est l’image, en tant qu’archive de la voix humaine immédiatement sensorielle et perceptible par les sens. Ou pensons aux soi-disant fusibles dont les Hommes ont doté leurs appareils électrotechniques, qui constituent une sorte de dispositif d’autoprotection par lequel ces appareils sont mis en mesure de se défendre en quelque sorte contre les influences destructrices émanant des mêmes forces qui les dirigent. Ce qui vit et travaille dans ces protections techniques est le reflet de l’instinct de conservation lui-même, que l’Homme a ainsi pu imprimer à ses appareils. Ces exemples pourraient être multipliés à l’infini.

[60] Mais supposons maintenant qu’un être étranger à la Terre, qui ne saurait rien de l’Homme et de sa culture, soit transporté sur la Terre, qu’il entende par exemple la voix humaine sortir du disque du gramophone, qu’il observe comment la locomotive transporte des charges énormes d’un endroit à l’autre selon un plan, qu’il observe l’horloge qui fait tic-tac et qui règle ses antennes ou ses aiguilles sur le cours du soleil, qu’il voie comment des machines infiniment compliquées sont capables de fabriquer des objets d’usage courant modelés dans les moindres détails à partir de matériaux bruts et non formés. Si cet être ne savait pas que c’est l’esprit de l’Homme qui travaille dans tous ces phénomènes, que pourrait-il penser d’autre que d’avoir devant lui des organismes vivants capables d’agir selon leurs propres objectifs bien pesés? Ce sont ces êtres apparemment vivants, ces pseudo-organismes, que nous avons globalement désignés comme l’empreinte de l’Homme dans le sable terrestre. Ce qui a été implanté par l’Homme dans ces pseudo-organismes n’est qu’une vie fictive, les facultés implantées dans les machines ne sont que des facultés fictives; elles sont sans doute le stade le plus primitif de ce que nous rencontrons également comme facultés dans les organismes naturels vivants, facultés qui n’appartiennent pas à ces êtres, parce qu’ils ne les ont pas acquises par leur propre force, et que nous appelons donc dans notre langage des instincts. Nous venons d’essayer de montrer ce dont l’Homme est capable. Sa capacité va actuellement jusqu’à l’implantation d’instincts fictifs dans la matière. Mais ce qu’il ne peut pas faire, c’est donner à la matière une sensation de ce qu’il a mis en elle. Le disque du gramophone ne comprend rien à la chanson qui y est gravée, la montre ne comprend rien à l’heure.

Or, la pensée matérialiste du XVIIIe siècle, enivrée par les progrès de la science technique, a eu l’étrange idée de tirer hâtivement de l’état de fait que nous venons de décrire une conclusion diamétralement opposée à celle qui devrait en résulter pour une pensée impartiale: la conclusion que tous les organismes réellement vivants de cette Terre, y compris l’Homme, ne sont que des machines. Le représentant le plus conséquent de ce courant de pensée fut Julien Offray Lamettrie, dont l’œuvre classique s’intitule L’Homme machine (1748). Or, si l’Homme, si tous les animaux et les plantes et finalement – pourquoi pas? – même les pierres doivent être des machines, alors ce qui vit dans de telles machines, c’est un peu plus que ce qui vit dans la montre de poche. Car dans les animaux et les plantes, ce ne sont pas de faux instincts qui agissent, mais de véritables instincts.

[61] On raconte que le philosophe français Nicole Malebranche fut un jour surpris par ses amis en train de percer le corps d’un animal avec une longue aiguille; mais à ses amis qui l’interrogeaient à ce sujet, le philosophe répondit avec un doux sourire: « Croyez-vous donc que je ferais cela si je ne savais pas que l’animal est une machine insensible? » Les travaux de Malebranche datent du XVIIe siècle; il est tout à fait éloigné de la pensée matérialiste. Sa vision de l’absence d’âme chez l’animal n’a rien à voir avec le matérialisme ultérieur.

Il a présenté sa théorie à la reine Christine de Suède, mais celle-ci lui a répondu: « C’est très beau et je le croirai aussi quand vos machines et les animaux s’uniront pour donner naissance à de petites machines qui grandiront », etc.

Non, ce qui vit dans les animaux, dans les plantes et même dans les pierres en tant qu’instinct, la sagesse humaine n’aurait jamais été capable de l’implanter. Si nous voulons vraiment voir des machines dans les êtres vivants, par analogie avec les machines créées par l’Homme, alors nous devons logiquement, en appliquant cette analogie de manière conséquente, arriver à voir dans tout ce qui a donné aux plantes, aux animaux et enfin aux pierres la loi de leur niveau d’organisation, l’empreinte d’entités qui se trouvent infiniment au-dessus de l’Homme, qui ont créé leurs organes dans l’échelle des niveaux de ces êtres vivants terrestres, tout comme l’Homme à son niveau dans ses machines.

[62] De telles empreintes d’entités spirituelles les plus élevées sont, dans le règne minéral, les lois physiques et chimiques qui représentent en quelque sorte l’instinct originel de la matière actuelle – sa loi de vie comme miroir des vérités mathématiques les plus élevées et des lois géométriques telles qu’elles se manifestent dans les formes cristallines. De telles empreintes sont, dans le règne végétal, les capacités de métabolisme, de croissance et de reproduction, la capacité de maintenir la forme vivante en dépit de la matière toujours changeante, ou peut-être justement grâce à elle, et enfin la germination d’un sentiment primitif de vie, voire de la joie de vivre elle-même, la vie instinctive en tant qu’instinct primaire du règne végétal. Dans le règne animal, une telle empreinte est, en plus de tout ce qui a été mentionné précédemment, la capacité de ressentir dans la conscience les motifs de l’activité en tant que tels, en d’autres termes, de distinguer les motifs, d’acquérir des forces de distinction dans la conscience et donc cette forme d’instinct que nous pouvons appeler l’intellect animal. Et enfin, dans l’Homme lui-même, nous pouvons ressentir ce qui peut être l’empreinte des plus hautes entités divines dans ce que nous pouvons appeler l’instinct du moi, le germe du moi, dans lequel repose le critère humain. Car c’est le germe du moi qui a confié à l’Homme la capacité de participer consciemment au travail de la création, et donc la force morale de la décision.

Revenons maintenant au point de départ de notre étude. Il faut essayer de rendre plausible pour la pensée logique ce qui est déjà directement contenu dans cette expérience ésotérique fondamentale que nous avons décrite la dernière fois, le pressentiment du fait que le développement de l’Homme à partir de formes de vie inférieures et en particulier son évolution à partir de l’animalité n’est qu’une manifestation de son lien originel avec les puissances cosmiques du zodiaque, à partir duquel il est lui-même irradié par une sorte de pangenèse cosmique. Et maintenant, nous comprenons déjà ce qui serait autrement incompréhensible: Comment se fait-il que les anciens peuples aient pu tomber dans le service « animal », qui était en fait le service du zodiaque. Car ce qu’ils vénéraient dans l’animal, ce n’était pas l’animal lui-même, mais la divinité qui avait laissé sa trace sur Terre dans l’animal, et c’est devant cette trace vivante de Dieu que l’Homme s’inclinait respectueusement. Le service des animaux était un humble baiser sur l’empreinte de ces hautes entités divines, dont l’Homme préhistorique comprenait l’action globale des forces qui rayonnaient du zodiaque. Et lorsque les Hommes de l’époque archéenne, il y a plusieurs millénaires, désignaient les différentes régions du zodiaque céleste par des noms d’animaux précis, il s’agissait de dire qu’ils sentaient venir de ces régions les mêmes forces divines dont ils pressentaient l’action dans le règne animal, dont l’Homme était l’héritier direct sur Terre – l’héritier de la vie et l’achèvement de ce qui vit dans la pierre et la plante, et finalement dans l’animal, en tant que précurseur de l’Homme, de ces trois règnes qu’il s’efforce d’unifier en lui pour les faire passer dans le quatrième, à l’état actuel de développement de l’embryon de Dieu sur cette Terre, que nous appelons Homme. Mais si nous opposons à cela ce que la pensée rationaliste sait faire avec ces noms d’animaux, et même avec le zodiaque tout entier, nous arrivons à des explications comme celles que donne par exemple Constantin François Volney dans son ouvrage philosophico-religieux Les Ruines: [63]

« C’est ainsi que les Éthiopiens de Thèbes appelaient les étoiles sous lesquelles le débordement des eaux commençait, étoiles de l’inondation ou du Verseau, celles sous lesquelles il était temps de mettre la charrue en terre, bœuf ou taureau, étoiles du lion, où cet animal, poussé par la soif hors du désert, se montrait sur les bords du fleuve, étoiles des épis ou de la vierge (moissonneuse) celles sous lesquelles on faisait la moisson, astres de l’agneau ou de la chèvre celles sous lesquelles naissent ces animaux utiles…

Ces même Éthiopiens ayant remarqué que le retour de l’inondation se faisait toujours à l’apparition d’un très bel astre qui se montrait à cette époque à la source du Nil et semblait avertir l’Homme de la Terre de l’inondation des eaux, il compara cette action à celle de l’animal qui avertit d’un danger par ses aboiements, et appela cet astre le chien ou aboyeur – Sirius – comme il appela écrevisses celles où le soleil, quand il a atteint la limite du tropique, revient et va en arrière et de côté comme le crabe, étoiles du Capricorne, où le soleil, quand il est monté jusqu’à midi, imite cet animal qui aime à climatiser le sommet des rochers, étoiles de la Balance celles où le jour et la nuit sont égaux et semblent en équilibre comme l’appareil, Scorpion celles où certains vents irréguliers produisent un brouillard malsain comme le poison du Scorpion (!)… ».

Mais il est facile de montrer que cette tentative d’interprétation – outre le fait qu’elle ne s’applique qu’à certaines régions géographiques, ici l’Égypte – ne peut s’appliquer qu’à la période historique au cours de laquelle la position du soleil dans la zone des constellations susmentionnées se situaient effectivement en rapport aux saisons correspondantes.

Mais comme le lieu du printemps du soleil dans le ciel des étoiles fixes se déplace à travers tout le zodiaque pendant une période d’environ 25 000 à 26 000 ans, il n’était déjà plus vrai il y a 3 000 ans que Sirius (l’aboyeur) annonçait le déluge, et il y a 2 000 ans, c’était l’hiver lorsque le soleil se trouvait dans la constellation du Cancer, il y a 6 000 ans, c’était le printemps lorsque le soleil se trouvait dans la constellation du Cancer, et le solstice d’hiver avait lieu dans la constellation du Bélier.

Volney (né en 1757), qui connaissait bien le fait de l’avancement du point vernal, estime lui-même l’âge des noms du zodiaque à au moins 15 000 ans.

[64] Force est de constater que de telles interprétations des secrets astrologiques fondamentaux, telles que Volney les a tentées, ne nous révèlent que trop clairement le fossé qui sépare la pensée exotérique de la connaissance ésotérique. Avec les paroles pleines de force qu’il met dans la bouche de Wallenstein, Schiller a exposé cette opposition en ce qui concerne l’idée astrologique fondamentale de l’évolution cosmique, cette opposition entre la pensée rationnelle et la pensée scientifique occulte.

« Tu parles comme tu comprends« , lui fait-il dire à Illo.

Tu parles comme tu comprends. Combien de fois je te l’ai expliqué.

– Pour toi, Jupiter est né du Dieu brillant;

Tu ne peux pas voir les secrets.

Ce n’est que dans la terre que tu peux fouiller,

Aveugle, comme le souterrain qui a éclairé ta vie de sa pâle couleur de plomb.

Tu peux voir les choses terrestres, les choses communes,

Tu peux relier intelligemment ce qui est proche à ce qui est proche;

En cela je te fais confiance et je te crois.

Mais ce qui se tisse et se forme mystérieusement dans les profondeurs de la nature,

L’échelle des esprits qui, de ce monde de poussière, s’élève jusqu’au monde des étoiles avec mille échelons, et le long de laquelle les puissances célestes montent et descendent en agissant …

C’est ce que voit seulement l’œil descellé des enfants de Jupiter, nés lumineux et sereins.[1]

Je crois que l’on ne peut pas parler plus clairement de cette échelle des êtres qui s’étend de la poussière terrestre jusqu’aux étoiles fixes.

Mais nous devons conclure ici pour aujourd’hui. Les connaissances acquises en ce jour doivent nous servir de préparation à un approfondissement toujours plus intense du mystère du zodiaque et de son rapport avec l’Homme.


[1] Du red’st, wie du’s verstehst. Wie oft und vielmals Erklärt’ ich dir’s. – Dir stieg der Jupiter

Hinab bei der Geburt, der helle Gon;

Du kannst in die Geheimnisse nicht schauen. Nur in der Erde magst du finster wühlen,

Blind, wie der Unterirdische, der mit dem bleichen, Bleifarb’nen Schein ins Leben dir geleuchtet.

Das Irdische, Gemeine magst du sehn,

Das Nächste mit dem Nächsten klug verknüpfen; Darin vertrau’ ich dir und glaube dir.

Doch was geheimnisvoll bedeutend webt Und bildet in den Tiefen der Natur-,

Die Geisterleiter, die aus dieser Welt des Staubes Bis in die Sternenwelt mit tausend Sprossen Hinauf sich baut, an der die himmlischen Gewalten wirkend auf und nieder wandeln …

Source: Das Testament der Astrologie, tome 1, Oskar Adler, 1930-38

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