1.1.1. L’astrologie en tant que science ésotérique

Si l’œil n’était pas ensoleillé,

le soleil ne pourrait jamais le voir.

Goethe

Nous nous sommes réunis pour nous plonger dans l’étude de l’une des plus anciennes sciences en possession de l’humanité. Depuis les temps les plus reculés, elle a été entourée d’une aura de sainteté, non seulement en raison de son sujet global au sens propre du terme, mais aussi parce que ces « connaissances » n’étaient, à l’époque, pas acquises par une observation attentive et une recherche minutieuse, mais plutôt par une sorte de « révélation », révélation dont les conditions préalables étaient d’une nature complètement différente, bien plus intime que tout ce qu’on appelle aujourd’hui l’observation scientifique.

C’est pourquoi il faut dire au débutant, dès maintenant et avec insistance, qu’il est sur le point d’entrer dans un domaine de connaissance qui, par sa nature même, appartient au savoir ésotérique.

Pour que cela soit clair, nous allons d’abord essayer de donner une sorte de définition de ce que nous considérons comme étant de l’astrologie.

L’astrologie est la doctrine du lien cosmique continu et indissoluble de tous les événements et surtout des événements humains sur cette Terre – non seulement des événements humains en général, non seulement de l’existence humaine en général et de l’histoire de son développement, mais aussi l’existence individuelle de chaque être humain et de son histoire avec tous les événements extérieurs ainsi qu’avec ce qui constitue le contenu de son expérience subjective, avec la souffrance et le plaisir, avec la peur et l’espoir, l’amour et la haine, l’erreur et la connaissance, avec la naissance, la maladie et la mort, ou – pour le dire en un mot – avec son destin!

Cette tentative de définition montre déjà qu’une telle science ne peut pas suivre le chemin de la science naturelle exacte d’aujourd’hui, et qu’elle n’aurait même pas pu voir le jour à notre époque. Car la science naturelle exacte d’aujourd’hui prend le chemin exactement inverse.

Elle ne part pas de l’idée d’une connexion cosmique générale qui surpasse toutes les connexions individuelles, mais de phénomènes individuels et d’observations individuelles, et cherche donc à pénétrer du spécifique au plus général et à vérifier les résultats de ses recherches, partout où cela est possible, par l’expérience, c’est-à-dire à substituer au matériau naturel de l’expérience un matériau artificiellement préparé, exempt de perturbations, qui doit prouver la justesse des intuitions acquises par l’observation. Il est facile de voir qu’une telle science, même dans ses dernières conséquences réalisables, ne pourra jamais déboucher sur l’idée astrologique de base telle qu’elle a été décrite ci-dessus, puisque son chemin de recherche, qui s’épuise de plus en plus dans les détails, ne peut jamais arriver à son terme et que, de plus, l’expérimentation se heurterait à des difficultés insurmontables.

Or, d’autre part, nous sommes confrontés au fait étrange que, précisément à notre époque, cette science naturelle exacte commence aussi à s’intéresser aux enseignements astrologiques. Des chercheurs en science exacte, remplis de l’esprit de la science naturelle moderne, se tournent en effet vers ces enseignements anciens pour les inclure en quelque sorte dans le cercle de leurs connaissances scientifiques.

C’est ainsi que nous voyons apparaître aujourd’hui une sorte d’astrologie scientifique qui pourrait bien nier son origine dans les sources secrètes de la connaissance scientifique et qui présente dans la science de notre temps une sorte d’être bâtard qui ne peut s’intégrer ni dans le cadre de la science moderne ni dans celui de l’ancienne science sacrée avec une pleine justification.

Il doit y avoir des raisons sérieuses qui ont pu ébranler l’attitude jusqu’alors négative de la recherche strictement scientifique.

La science naturelle exacte se trouve cependant actuellement dans une phase critique de son développement, que je voudrais appeler la crise du concept de causalité. Comme on le sait, le philosophe anglais David Hume a donné l’impulsion à cette crise lorsqu’il a fait remarquer que la causalité ou la relation de cause à effet ne peut jamais être perçue par une observation objective, mais peut seulement être supposée. Ce que nous percevons, ce sont simplement des séries d’apparences ou des séquences d’apparences, jamais des connexions causales proprement dites. C’est nous qui les ajoutons dans ces séries d’apparitions! Avons-nous dès lors le droit de prétendre que les liens de causalité existent?

Ce problème très difficile de la théorie de la connaissance n’intéressait d’abord que les philosophes. Mais il a maintenant trouvé son chemin dans la science naturelle. Celle-ci affirme l’avoir pratiquement résolu grâce à ce qu’elle appelle orgueilleusement son exactitude, laquelle, cependant, est essentiellement basée sur le renoncement complet à toute causalité. Mais c’est précisément à cause de cela que nous avons atteint cet état critique. Je peux peut-être, à ce stade, esquisser brièvement le chemin qui mène à ce point critique, en m’appuyant sur les explications pleines d’esprit du Français Auguste Comte. Auguste Comte distingue trois étapes dans le développement des sciences naturelles.

Le premier stade, qui remonte à l’enfance de l’humanité, il l’appelle le stade « théologique ». Derrière tous les phénomènes naturels, l’Homme soupçonne l’œuvre d’êtres spirituels ou de démons qui restent invisibles à l’œil physique, mais dont l’activité se révèle dans les événements naturels. Jupiter lance la foudre, Jupiter tonans tonne, Jupiter pluvius pleut, les divinités fluviales font mouvoir les eaux, les dryades provoquent la vie et la croissance des arbres, Éole souffle dans les airs, Vulcain forge les minerais dans les profondeurs du feu de la Terre.

Ce stade de l’enfance (Edward Burnett Tylor parle d’animisme) est remplacé par le second, le stade de la jeunesse. Auguste Comte appelle ce deuxième stade de développement de la pensée scientifique le stade métaphysique. Les démons disparaissent de la vision du monde de l’humanité supposée maintenant plus mature, et les « forces de la nature » prennent leur place.

Mais qu’est-ce que cette évolution a essentiellement apporté? Seuls les noms ont été changés. La chaleur, la lumière, le son, l’électricité, le magnétisme, la gravité, etc. sont autant de noms pour ce que l’on appelait autrefois les démons, et de même que les démons se tenaient, invisibles, derrière les phénomènes de la nature, de même ces forces naturelles se tiennent derrière les processus de la nature qui sont la seule chose réelle. Il faut avoir le courage de faire table rase et de sacrifier ce dernier vestige de métaphysique, par lequel l’humanité a voulu sauver sa foi d’enfant en adolescent.

Non! Croire en de tels « pouvoirs » est encore de la théologie déguisée, de la métaphysique interdite.

Ainsi, l’humanité atteint finalement son troisième stade, le plus mature, celui de la science positive ou exacte. Ce qui caractérise cette science positive et lui confère en même temps la valeur très estimée de l’exactitude, c’est, comme nous l’avons déjà dit, le renoncement complet à toute espèce de métaphysique dans le sens que nous venons de décrire, ou, pour le dire plus simplement, à tout reste d’anthropomorphisme, qui est en réalité le fond de toute causalité ou de tout besoin de causalité. L’idéal d’une objectivité totale ne serait toutefois atteint que si l’on pouvait éliminer l’être humain observateur lui-même.

Quoi qu’il en soit, la science naturelle exacte peut désormais considérer que sa tâche consiste à seulement « décrire les processus naturels aussi simplement et complètement que possible » (Gustav Robert Kirchhoff, Ernst Mach). Elle devient ainsi – en un mot – la statistique la plus clairement agencée possible des processus naturels. Il faut donc être conscient que toutes les théories nées du désir d’une cohérence du matériel statistique, afin de satisfaire le besoin réprimé de causalité, ne peuvent avoir d’autre valeur que celle d’une technique de mémorisation en vue d’une maîtrise plus facile du matériel statistique. Ce que nous appelons « loi naturelle » n’est alors que la synthèse permettant l’économie de la pensée d’autant de séries d’apparitions que possible au moyen de formules mémorisées.

Mais c’est le destin de toutes ces statistiques de ne jamais être vraiment complètes! C’est ainsi que nous assistons aujourd’hui à cet l’étrange spectacle: la même science naturelle exacte qui a considéré avec tant de mépris l’astrologie comme une science oculte, est immédiatement prête à lui ouvrir toutes les portes, si seulement elle renonce pour sa part à prétendre vouloir être autre chose que la pure statistique des événements cosmiques et de leur coïncidence avec les affaires terrestres ou même humaines.

Mais faire une telle astrologie n’est pas le but de nos réunions. La véritable astrologie n’a jamais été une statistique! Ce qui nous tient à cœur – la pénétration dans les véritables corrélations cosmiques des événements terrestres – ne pourra jamais être atteint de cette manière, mais seulement de la manière qui relève des sciences ésotériques.

Source: Das Testament der Astrologie, tome 1, Oskar Adler, 1930-38

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