Leçon 1 – Hatha Yoga: Jala Neti
Si vous respirez par la bouche, essayez de manger par le nez!
Emmanuel Roux
La science yogique accorde autant d’importance à certains processus de purification qu’aux asanas ou au pranayama. Sans un nettoyage régulier du système, vous ne tirerez pas le maximum de bénéfices de vos pratiques. Sans purification du corps, on ne sera pas prêt pour les pratiques supérieures du yoga. Quand le corps est libre, l’esprit fonctionne aussi correctement.
Le nettoyage du corps s’obtient par la pratique des shatkarmasi ou les six techniques de purification. Ils sont très importants du point de vue de la santé physique et mentale, et ces techniques simples sont également très précieuses pour guérir les troubles internes.
Il existe six groupes principaux de shatkarmas:
- Netiii: nettoyage nasal, incluant jalaiii neti et sutraiv neti.
- Dhautiv: nettoyage du tube digestif, incluant danta dhauti, vatsara dhauti, etc.
- Naulivi: massage abdominal.
- Bastivii: nettoyage du côlon.
- Kapalbhativiii: purification et vitalisation des lobes frontaux.
- Tratakaix: fixation du regard sans cligner des yeux.
Chacun de ces groupes contient plus d’une pratique comme jala neti, vamanx dhauti (ou kunjalxi kriya), moola shodhanaxii, etc., qui seront décrites à différentes étapes tout au long de ce livre. Ce sont toutes d’excellentes pratiques conçues pour purifier tout le corps et apporter une santé de premier ordre. Elles apportent aussi clarté et harmonie à l’esprit. Nous vous suggérons d’en essayer quelques-unes.
La première technique que nous allons présenter est jala neti.
JALA NETI
Jala neti est un processus de nettoyage des passages nasaux avec de l’eau salée, et est essentiel pour permettre une respiration libre comme requis dans de nombreuses pratiques que nous vous enseignerons, ainsi que pour aider à garantir votre bonne santé.
Les fonctions du nez
Le nez est l’organe du corps qui assure que l’air entrant dans les poumons est de pureté et de chaleur suffisantes pour ne pas causer de dommages. L’air que nous inhalons est rarement approprié pour entrer dans les poumons. Il est généralement trop froid, trop sale et trop chargé de germes. C’est la fonction du nez de rectifier cette situation.
Tout d’abord, l’air que nous respirons contient de la poussière et de petits insectes. Ces impuretés plus grosses sont initialement filtrées par les poils vibrants à l’entrée des passages nasaux. Ces poils vibrent dans la direction opposée à l’air lorsqu’il entre dans le nez et empêchent les impuretés d’aller plus loin.
Dans les régions plus profondes du nez, il existe des structures osseuses spéciales recouvertes d’une membrane muqueuse épaisse, spongieuse et germicide, à travers laquelle circule un apport sanguin abondant et riche. La membrane muqueuse suit un long passage sinueux qui assure que tout l’air inhalé entre en contact avec les membranes. Ces membranes muqueuses éliminent des millions de germes contenus dans l’air qui pourraient causer beaucoup de mal aux poumons, et le font en fait dans le cas de la tuberculose pulmonaire, de la bronchite, etc. Cette membrane muqueuse élimine également les petites particules de poussière qui ont passé la première défense des poils. Cette membrane à la fois réchauffe et humidifie l’air à un niveau qui ne nuira pas aux poumons. L’air froid et sec peut causer beaucoup de dommages aux poumons.
Plus profondément dans le nez, il existe un ensemble de glandes qui aident davantage à éliminer les germes qui ont réussi à échapper aux défenses précédentes. De plus, notre odorat nous empêche d’inhaler des gaz nocifs. Dès que nous sentons quelque chose de désagréable, nous arrêtons immédiatement de respirer, ou si possible cherchons de l’air pur et frais.
Aussi le lecteur peut-il maintenant prendre conscience de l’importance de cet organe apparemment insignifiant — le nez. Il devrait aussi être évident pourquoi il est si malsain de respirer continuellement par la bouche comme tant de gens le font. Quand l’air est inhalé par la bouche au lieu du nez, il échappe à tous les mécanismes du nez qui préparent l’air pour l’admission aux poumons. Toute la poussière, les germes, l’air froid et sec entrent directement dans les poumons. La bouche et la gorge ont des mécanismes pour éliminer ces impuretés et conditions de l’air, mais ils ne sont nulle part aussi efficaces que le nez.
Si le nez est bouché, ou si les membranes muqueuses sont abondamment couvertes d’impuretés, alors le nez ne peut pas remplir ses fonctions efficacement. En fait, si le nez est complètement bouché, on est forcé de respirer par la bouche. Et nous avons déjà expliqué les inconvénients de ce processus. C’est la raison pour laquelle nous nous mouchons: pour éliminer ces impuretés et permettre au nez de fonctionner efficacement. Cependant, le mouchage normal n’élimine pas toutes les impuretés. Le mucus sec incrusté peut rester. C’est l’une des raisons pour lesquelles la pratique de neti a été développée: pour assurer le meilleur nettoyage possible du nez.
Il y a d’autres raisons pour l’utilisation de neti, comme la stimulation de diverses terminaisons nerveuses dans le nez. Or ces terminaisons nerveuses sont reliées, par des nerfs, au cerveau et à divers organe: en les stimulant, le neti exerce donc une action bénéfique sur le cerveau lui-même et sur les organes desservis par ces nerfs. Cette stimulation contribue en outre à éveiller le chakra ajnaxiii, le centre psychique du mésencéphale.
Équipement
Un pot ou lotaxiv (pichet) devrait être utilisé pour introduire l’eau salée dans les narines. Il existe divers modèles et même une théière peut être utilisée si rien d’autre n’est disponible. Ce pot est connu sous le nom de neti lota. Il peut être fait de laiton ou de tout autre matériau approprié qui ne contamine pas l’eau, mais la chose importante à retenir est que l’embout à l’extrémité du bec devrait être de taille appropriée pour que l’extrémité s’adapte confortablement dans votre narine.
Eau salée
L’eau utilisée dans la pratique devrait être pure et tiède; la température corporelle est la température idéale pour verser l’eau dans votre nez. L’eau devrait ensuite être mélangée avec du sel propre dans la proportion d’une cuillère à café par demi-litre d’eau. Assurez-vous que le sel est complètement dissous dans l’eau. Les gens se demandent souvent pourquoi l’eau salée est introduite dans les narines au lieu d’eau ordinaire. La raison est très simple et très pratique. L’eau salée a une pression osmotique beaucoup plus élevée que l’eau ordinaire, ce qui signifie que l’eau salée n’est pas facilement absorbée dans les vaisseaux sanguins et les membranes délicats du nez, alors que l’eau ordinaire l’est. Si vous essayez cette pratique avec de l’eau ordinaire, vous découvrirez par vous-même, sous forme d’inconfort ou d’une petite douleur dans le nez. Cependant, nous ne suggérons pas que vous fassiez cela, bien que ce ne soit pas du tout dangereux.
En conclusion, l’eau salée est idéalexv pour jala neti, car tout en nettoyant à fond les narines des impuretés, elle n’est pas absorbée dans les membranes nasales délicates. Ainsi, aucun inconfort ne sera ressenti lorsque l’eau traversera le nez.
Posture
On peut soit s’asseoir dans une position accroupie connue sous le nom de kagasanaxvi, soit assumer une position debout, en penchant les épaules et la tête vers l’avant. Cette position est la plus appropriée pour faire neti dans un évier ou un lavabo, tandis que l’autre position, kagasana, peut être faite dans le jardin ou sous la douche.

Technique
- Remplissez le pot avec l’eau salée préparée. Tenez le fond du pot avec une main, comme indiqué sur l’image.
- Insérez doucement l’extrémité de l’embout dans l’extrémité de la narine gauche (ou, si celle-ci est bouchée, dans la narine droite).
Il ne devrait y avoir aucune force impliquée, mais l’embout devrait appuyer fermement contre le côté de la narine pour qu’aucune fuite d’eau ne se produise.
- Inclinez progressivement votre tête vers le côté droit tout en soulevant simultanément le pot de manière à ce que l’eau s’écoule dans la narine gauche.
- Assurez-vous de garder la bouche grande ouverte pour pouvoir respirer.
Certaines personnes disent que la bouche devrait être fermée et le souffle retenu pendant la pratique, mais nous pensons que cela complique, surtout pour les débutants, une pratique qui est essentiellement très simplexvii. Si le pot est dans la bonne position, si votre tête est inclinée à un angle approprié et s’il y a un ajustement serré entre l’embout et les côtés du nez,
- l’eau devrait alors s’écouler par une narine et sortir par l’autre narine.
Peu importe si l’eau s’écoule dans votre bouche ou votre gorge, mais si la pratique est effectuée correctement, et donc que vous êtes relaxé, cela ne devrait pas se produire.
- Laissez l’eau s’écouler à travers les narines pendant 10 à 20 secondes.
- Retirez ensuite le pot et
- retirez l’eau et les impuretés de votre nez en fermant la narine gauche et en respirant rapidement et avec force par l’autre narine.
Ne soufflez pas si fort, cependant, que vous endommageriez votre nez et provoqueriez un saignement. À cet égard, le praticien devrait user de son discernement.
- Maintenant, fermez la narine droite et soufflez avec force par la narine gauche.
- Puis répétez le même processus pour la narine droite.
Séchage des narines: Après avoir terminé cette pratique, les narines doivent être séchées et toute impureté supplémentaire éliminée.
- Tenez-vous droit. Penchez-vous en avant de manière à ce que le tronc assume une position horizontale.
- Fermez une narine en pressant le côté du nez avec le pouce.
- Inspirez et expirez vigoureusement jusqu’à 10 fois en succession rapide.
L’expiration doit être particulièrement accentuée pour expulser l’humidité des narines.
- Répétez la même procédure avec l’autre narine fermée.
- Puis répétez la même procédure avec les deux narines ouvertes.
Cette pratique simple devrait éliminer la plupart de l’humidité du nez. Si de l’humidité reste, la respiration vigoureuse devrait être répétée jusqu’à ce que le nez soit parfaitement sec.
Durée
Une fois que le praticien est familier avec la technique, toute la pratique peut être complétée en peu de temps. Sans compter la préparation de l’eau, tout le processus devrait prendre moins de cinq minutes.
Neti se pratique idéalement tôt le matin avant le petit-déjeuner. Cependant, si nécessaire, il peut être pratiqué à d’autres moments de la journée, sauf immédiatement après les repas. Une fois par jour est suffisant, bien que si l’on a un catarrhe nasal, un rhume ou toute autre affection spécifique, il peut être pratiqué plus souvent.
Limitations et précautions
- Les personnes qui souffrent de saignements de nez chroniques ne devraient pas faire neti sans avis d’expert.
- Assurez-vous que l’eau n’est pas trop chaude lorsque vous l’introduisez dans les narines.
- Ne respirez pas trop profondément en éliminant l’humidité du nez; nous essayons d’améliorer l’état de votre nez, pas de l’endommager.
- Si les sinus sont bloqués par du mucus, faites attention de ne pas vous moucher fort. Il est très facile de pousser le mucus plus profondément dans les cavités.
- Assurez-vous que le sel se dissout complètement dans l’eau avant de la verser dans votre nez.
- Faites attention de tenir la tête correctement et de ne pas tenir le pot trop bas.
- Pour que l’eau s’écoule dans une narine et sorte par l’autre, le niveau d’eau dans le pot doit être plus élevé que la région à l’arrière du nez, où les deux narines fusionnent.
- Si vous inclinez trop la tête, l’eau ira dans votre gorge au lieu de l’autre narine. Si vous inclinez trop le pot, l’eau débordera simplement du pot. Vous devez ajuster la position de votre tête et du pot pour qu’ils soient à des niveaux corrects.
- Les personnes qui ont beaucoup de difficulté à faire passer l’eau par le nez peuvent avoir un blocage structurel comme un polype. Un avis d’expert devrait être demandé.
- S’il y a une légère sensation de brûlure dans le nez lors de votre première tentative avec de l’eau salée, ne vous inquiétez pas. Cela disparaîtra au fur et à mesure que le tissu de votre nez s’habituera au contact avec l’eau.
Bénéfices
Neti est la meilleure méthode pour prévenir et éliminer les rhumes. Un remède efficace contre le rhume commun n’a pas encore été trouvé. Neti n’est pas infaillible, mais il contribue grandement à résoudre le problème. Un rhume indique quelque chose de significatif, à savoir que votre corps est dans une condition affaiblie. Si ce n’était pas le cas, le virus du rhume ne pourrait pas pénétrer les défenses de votre système; vos pouvoirs autothérapeutiques seraient assez forts pour résister à une telle attaque. Le virus du rhume prospère dans le tissu nerveux, particulièrement les nerfs olfactifs dans le nez. Pendant un rhume, neti aide grandement en éliminant le mucus accumulé dans le nez, celui-ci étant un terrain de reproduction.
La pratique régulière de neti quand vous n’avez pas de rhume maintient le fonctionnement des passages nasaux à une efficacité optimale et aide ainsi à maintenir un corps sain. Rappelez-vous, respirer par la bouche ou un traitement insuffisant de l’air inhalé avant l’entrée dans les poumons, dû à un blocage nasal et à la congestion, peut encourager l’apparition de maladies, en permettant aux germes d’infecter les poumons, ou en affaiblissant généralement l’état de santé du corps.
Neti aide aussi à guérir:
- la sinusite,
- les affections des yeux, du nez et de la gorge,
- l’amygdalite,
- le catarrhe, ainsi que l’inflammation des végétations et des membranes muqueuses.
- Il est efficace pour éliminer les maux de tête,
- l’insomnie et
- la fatigue.
Neti a une influence subtile sur les divers nerfs qui se terminent dans les passages nasaux, comme le bulbe olfactif et d’autres nerfs adjacents qui innervent les yeux, les oreilles, etc. Cela a une influence très apaisante sur le cerveau et peut aider à soulager des affections comme
- la migraine,
- l’épilepsie,
- la dépression,
- la tension, etc.
Neti aide dans une large mesure à prévenir et guérir les maladies pulmonaires comme
- l’asthme,
- la pneumonie,
- la bronchite,
- la tuberculose pulmonaire, etc.
La respiration devient beaucoup plus facile, ce qui conduit à une meilleure prise d’oxygène, une meilleure élimination du dioxyde de carbone et par conséquent une meilleure santé.
Importance de neti dans la physiologie yogique
Selon la science yogique de la respiration – swara yogaxviii –, le flux d’air dans chaque narine change alternativement. Si vous testez cela par vous-même, vous constaterez que c’est vrai. Actuellement, l’une de vos narines admet plus d’air que l’autre. Après un certain temps, l’autre narine admettra la plus grande quantité d’air.
Ce flux alterné du souffle à travers les deux narines à tour de rôle a une influence profonde sur le cycle énergétique de l’Homme. Il contrôle notre pensée et notre activité physique, notre introversion et notre extraversion. Ce cycle a une grande influence sur notre santé mentale et physique.
Si une ou les deux narines sont bouchées de manière permanente, alors cette alternance naturelle du flux du souffle ne peut pas se produire. Notre santé peut en souffrir. C’est une autre raison pour laquelle jala neti est si important; il nettoie les deux narines et permet au souffle d’alterner librement entre les deux.
- iṣaṭkarma — षट्कर्म : Composé de ṣaṭ (षष्, «six») et karma (कर्मन्, «action, œuvre»).
iinetī — नेती. Le dictionnaire de Monier-Williams donne pour sens «l’action de faire passer un fil par le nez et la bouche (comme sorte de pénitence)» . Le terme est féminin, nominatif singulier netī. Il ne possède pas d’étymologie verbale sanskrite solidement attestée; le lien avec la racine nī («conduire») est parfois suggéré, mais non confirmé.
iiijala — जल. «Eau». L’étymologie reste incertaine selon Mayrhofer, qui rattache le mot à la racine jal («être aigu, rigide») sans lien sémantique clair.
ivsūtra — सूत्र. Dérivé de la racine sīv / syū («coudre»), sens premier «fil, cordon».
vdhauti — धौति. Féminin, signifie «purifié, lavé» . Dérivé de la racine dhāv / dhau («laver, purifier»). Dans le contexte du Haṭha yoga, désigne la pratique de nettoyage du tube digestif .
vinauli — नौलि. L’étymologie historique reste incertaine. Les explications modernes le rapprochent parfois de nau («barque») ou de mots désignant un tube, une tige ou un vaisseau, mais aucune dérivation unique n’est établie de manière définitive. La forme attestée dans la Haṭhapradīpikā (2.33) est नौलिः (nauliḥ – nominatif féminin singulier).
viibasti — बस्ति. Signifie «vessie» (मूत्राशयाची पिशवी: « poche de la vessie » – मूत्राशय (mūtrāśaya); ाची (ācī); पिशवी (piśavī)). Le nom de la pratique vient de l’usage ancien de vessies d’animaux (notamment de chèvre) pour administrer le liquide. Une autre tradition étymologique, citée dans les commentaires de l’Amarakośa, le fait dériver de la racine vas («habiter, demeurer») avec le suffixe -ti, au sens de «là où demeure l’urine» (vasati mūtram atra).
viiikapālabhāti — कपालभाति. Composé de kapāla (कपाल, «crâne, boîte crânienne») et bhāti (भाति, «éclat, lumière, luminosité»). Le sens est donc «qui illumine le crâne» ou «polissage du crâne», ce qui correspond à l’effet de purification et de vitalisation des lobes frontaux mentionné dans le texte.
ixtrāṭaka — त्राटक. Neutre, signifie «fixation oculaire, concentration du regard» . Le terme provient de la racine tra / trāṭ («regarder fixement, protéger»). La pratique consiste à fixer longuement un objet (flamme, point) sans cligner des yeux.
xvamana — वमन. De la racine vam («vomir»), signifie «vomitif, émétique».
xikunjal — कुण्जल् (graphie reconstituée). Signifie «gruau aigre» selon Yogapedia.
xii mūlaśodhana) s’écrit en sanskrit मूलशोधन. Il s’agit d’un composé (tatpuruṣa) de deux éléments:
- mūla (मूल) : « racine, base, fondement ». Dans ce contexte, il désigne spécifiquement la régon de l’anus ou du rectum, considérée comme la « racine » ou la « base » du corps.
- śodhana (शोधन): «purification, nettoyage». Ce terme dérive de la racine verbale śudh (शुध्) signifiant «purifier, nettoyer», avec le suffixe -ana (अन) indiquant l’action.
Dans le Gheraṇḍa Saṃhitā, il constitue la quatrième branche de dhauti (nettoyage), également appelée Ganesha Kriya (गणेश क्रिया). La méthode consiste généralement à insérer le majeur (ou un morceau de curcuma) dans l’anus, puis à le nettoyer et le masser avec de l’eau.
xiiiājñā s’écrit en sanskrit आज्ञा (ā- (préfixe directionnel) + jñā (racine verbale signifiant «connaître»). Le sens premier «commandement», «ordre» ou «autorité». Dans le contexte du chakra, il est souvent traduit par «centre de commandement» ou «centre de contrôle». Dans la tradition du yoga, ājñā chakra (आज्ञा चक्र) désigne le sixième chakra principal, situé entre les sourcils, également appelé «troisième œil». Sa fonction est associée à l’intuition, à la clarté mentale et au «commandement» intérieur qui guide le pratiquant.
xivLe mot lota (ou loṭā) n’est pas un terme sanskrit classique à proprement parler, mais un mot hindi/urdu désignant un petit pot à eau, souvent en laiton. Son origine sanskrite probable est loṭaka (लोटक).
xvL’idéal est évidemment d’utiliser son propre pipi du matin: température idéale et teneur en sel et en oligo-éléments qui est exactement celle dont nous avons personnellement besoin pour harmoniser notre organisme!
xviकागासन (kāgāsana) – kāga (काग): Le dictionnaire sanskrit de Monier-Williams donne pour sens «corbeau» (crow), avec la remarque «cf. kāka». Le WisdomLib précise que kāga est un synonyme de kāka (le corbeau), formé selon une étymologie onomatopéique: «one who makes the sound ‘kā-ga’». En prakrit et dans les dialectes, kāga désigne le corbeau ou le corbeau noir.
Il s’agit donc d’une position accroupie (squatting), pieds écartés d’environ 30 à 60 cm, le buste légèrement penché vers l’avant, utilisée pour permettre à l’eau de s’écouler correctement d’une narine à l’autre.
xviiRien avoir donc avec la folle pratique de l’écouvillon dans les tests PCR…
xviiiस्वर est dérivé de la racine sanskrite svr, qui signifie «sonner, émettre un son». Dans son acception générale, स्वर signifie «son», «ton», «note musicale» ou «accent». Dans le contexte du Swara Yoga, il désigne spécifiquement le flux d’air qui passe par les narines et le son léger qu’il produit. Le terme est attesté dans la littérature védique, notamment dans le Samaveda, où il désigne l’accent et le ton, ou une note musicale.
Le composé स्वर योग (Swara Yoga) signifie donc littéralement «Yoga du son» ou «Yoga du souffle». Il désigne la science tantrique qui utilise l’observation et la maîtrise du flux d’air nasal (svara) comme voie de connaissance de soi et de régulation de l’énergie vitale. Le terme swara y est employé dans son sens de «souffle sonore» plutôt que de simple «note musicale», car c’est le son subtil produit par l’air qui traverse les narines qui est analysé et utilisé comme outil de pratique.

