Apocalypse de St-Jean: (01) MILIEU HISTORIQUE ET BUT

Les épîtres  aux Colossiens  et am: Éphésiens,  puis  les épîtres pastorale’,  sans parler  de  celle de  Jude et de la  Petri,  nous  montrent bien qu’un certain  syncrétisme  tendait a s’ébaucher  a l’intérieur même des  com­munautés; il nr consistait pas seulement en compromis pratiques tels que la participation aux  repas  sacrés  des  païens, naguère reprouvée à Corinthe,  rnais en doctrines qui  presageaient le  gnosticisme:  spéculations  transcendantales sur des êtres intermédiaires analogues aux futurs  Éons, ou aux démons  du platonisme.

Ce fut au milieu de ces  troubles circonstances  que l’Apocalypse parut. Nous essaierons plus tard d’en mieux fixer  la  date;  toujours est-il  que cette prophétie fut donnée a l’Eglise en  Asie Mineure, et  dans la  période qui va de la mort  de Paul a la fin du premier siècle.

On parle de la sombre horreur de l’Apocalypse, et le nom même en est devenu quelque chose d’effrayant. Cette impression n’est pas juste. L’inspire veut au contraire fortifier les volontés, armer les Chrétiens d’une confiance inébranlable dans la toute puissance et la fidélité du Sauveur qu’ils attendent. Son livre tient bien a l’Évangile. II est le complément de la Bonne Nouvelle, et, comme l’Évangile, un message d’espérance, de courage et de joie.

Sans doute I’Apocalypse annonce I’imminence d’atroces combats; mais elle promet une victoire absolue a tons ceux qui tiendront ferme. Bien plus, la violence même de la lutte est le signe du triomphe certain. Car tout ce qui arrivera a été déterminé d’avance au ciel.

Le  Dragon, a  été expulsé du firmament d’où il exerçait  son pouvoir,  il  est  tombé au ras  de terre, et sa rage même est un signe qu’il se sent vaincu; lui et ses suppôts. Dieu lui permet de répandre mille calamités sur tout ce qui est purement terrestre, et châtie encore par  ses anges et ses fléaux le monde coupable, voué à la destruction. Mais ces malheurs ne sont pas pour les élus. Ceux-ci sont marqués au front d’un signe divin, pour être épargnés, en ce sens du moins que les châtiments les purifieront au lieu de les perdre. Le seul vrai danger pour eux, c’est de se laisser séduire, d’adorer la Bête. Malheur aux peureux, aux lâches, à ceux qui  ne croient pas à la victoire du Christ; ce qui les attend, eux, c’est  l’« étang de feu » et la « seconde mort ».

Source: L’APOCALYPSE PAR LE P. E.-B. ALLO, professeur a l’Université de Fribourg (Suisse), deuxième édition – PARIS, 1921.

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