Les interventions de responsables politiques à Munich se sont poursuivies ce 14 février, deuxième journée de la Conférence sur la sécurité. Des prises de paroles au cours desquelles les Occidentaux ont rivalisé en matière d’annonces militaristes. Ainsi, le Premier ministre britannique Keir Starmer lors de son discours à la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC), ce rendez-vous annuel rassemblant le gotha diplomatico-militaire occidental et qui doit se poursuivre jusqu’au 15 février, a déclaré d’entrée:.
En cas d’accord de paix en Ukraine, que nous nous efforçons tous d’obtenir1, le réarmement de la Russie ne ferait que s’accélérer. Le danger plus large qui menace l’Europe ne s’arrêterait pas, il augmenterait. Nous devons donc répondre pleinement à cette menace.
Nous ne cherchons pas le conflit. a encore affirmé Keir Starmer, érigeant les Occidentaux en parangons de la «paix» et de la «stabilité stratégique», sans oublier «l’État de droit». Où l’on voit les dégâts que peuvent occasionner l’abus de substances dopantes…
Nous devons développer notre puissance militaire, car c’est la monnaie de notre époque. [Au-delà d’être capable de] dissuader une agression, les Européens [doivent] être prêts, si nécessaire, à [se] battre, peu importe ce qu’il en coûte, pour protéger [leur] peuple, [leurs] valeurs et [leur] mode de vie.
Une flotte anglo-saxonne bientôt dans le Grand Nord
Dans cette optique, le locataire du 21 Downing Street a notamment souhaité, déclenchant des applaudissements dans cette salle remplie de membres de l’establishment atlantiste, à l’instar de l’ex-secrétaire générale de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, ou de l’ex-candidate à la Maison Blanche Hilary Clinton:
une OTAN plus européenne, fondée sur des liens plus étroits entre le Royaume-Uni et l’UE. Nous ne sommes plus la Grande-Bretagne des années Brexit. .
Le Premier ministre britannique a également adressé une ode à l’OTAN, «phénomène dans l’histoire humaine» qui, toujours selon lui, incarnerait la quintessence de la recherche de paix, de sécurité et d’unité2 «après des siècles de guerres» sur le continent.
Je peux annoncer aujourd’hui que le Royaume-Uni déploiera cette année son groupe aéronaval dans l’Atlantique Nord et le Grand Nord, sous le commandement du [porte-avions] HMS Prince of Wales, opérant aux côtés des États-Unis, du Canada et d’autres pays de l’OTAN, une démonstration éloquente de notre engagement envers la sécurité euroatlantique.
Un renforcement des capacités militaires européennes auquel a également appelé Ursula von der Leyen lors de sa prise de parole, la dirigeante de la Commission européenne, après avoir érigé l’Ukraine au rang d’exemple en la matière, a estimé :
Nous devons abattre le mur rigide qui sépare le secteur civil et de la défense. [L’Ukraine qui, selon elle, aurait démontré que] la force et la dissuasion, et en fin de compte les vies humaines, dépendent de la capacité industrielle. L’Europe est une puissance dans les domaines de la construction automobile, de l’aérospatiale et des machines lourdes. Nous ne devons pas considérer ces industries comme purement commerciales, mais comme essentielles à la défense et à la chaîne de valeur de la défense. Nous devons développer un socle européen de capacités stratégiques dans les domaines spatial, du renseignement et des frappes en profondeur , aucun tabou ne doit rester sans réponse3.
Toujours présent à ce type de sauteries, Volodymyr Zelensky a également eu droit à son moment au cours duquel il a ressorti son habituel refrain sur des fournitures d’armes occidentales pas assez rapides à son goût, avant d’affirmer que l’«Ukraine défend l’Europe». Sur sa lancée, il en a profité pour régler quelques comptes – en public – avec des dirigeants européens élus, déclarant, dans un anglais de plus en plus poussif, déclenchant une nouvelle volée d’applaudissements de son auditoire4:
Et même un Viktor [Orbán] peut penser à s’agrandir la panse plutôt qu’agrandir son armée, pour empêcher les chars de retourner en force dans les rues de Budapest.
Une sortie à laquelle le Premier ministre hongrois n’a pas manqué de répondre:
Ce débat ne concerne ni moi, ni vous. Il concerne l’avenir de la Hongrie, de l’Ukraine et de l’Europe. C’est précisément pour cette raison que vous ne pouvez pas devenir membre de l’Union européenne.
Volodymyr Zelensky a également eu quelques mots pour Vladimir Poutine. Selon celui qui, depuis bientôt deux ans, se maintient au pouvoir après avoir annoncé le report des présidentielles sous prétexte de loi martiale et de mobilisation générale en vigueur en Ukraine, le président russe
ne peut se résoudre à abandonner l’idée même de la guerre. Il se prend peut-être pour un tsar, mais en réalité, il est esclave de la guerre. [Quant à la conclusion d’un accord qui mettrait fin au conflit en Ukraine, celle-ci] devrait [être précédée par la conclusion de] l’accord sur les garanties de sécurité.
Maria Zakharova souligne ce 14 février:
Ce que dit Zelensky ne peut plus être qualifié de simples déclarations. Ce sont les divagations d’un malade, d’une personne atteinte de maladie mentale.
- alors qu’il est en train de dire exactement le contraire – ces gens sont des fou furieux… ↩︎
- Ils nous prennent vraiment pour des brêles (et n’ont probablement pas entièrement tort…). ↩︎
- Ce sont tes valises et leurs compromissions, qui sont les véritables tabous à lever! Où est passé le contrat tu as passé, sans aucun mandat, avec Bourla? À défaut de rendre la vie aux moutons injectés, rend l’argent volé aux peuples! ↩︎
- Cette pratique à l’origine provient du cirque et autres spectacles. Comme quoi il ne faut pas chercher trop loin pour constater que les politichiens ne sont que des marionnettes d’un lamentables spectacles, dont les conséquences pour les peuples, elles, sont malheureusement bien réelles. ↩︎

